Depuis 2020, le projet Littered Mvmnts de l’artiste nippo-américain Shoji Yamasaki intrigue, amuse et fascine des millions de personnes. À travers une série de vidéos virales, il transforme des déchets abandonnés en véritables partenaires de danse, en reproduisant avec son propre corps leurs mouvements portés par le vent. Une idée simple en apparence, mais qui révèle une réflexion profonde sur notre rapport quotidien, souvent inconscient, aux objets que nous laissons derrière nous.

En plaçant le trash au centre de sa chorégraphie, Yamasaki détourne notre regard : ce qui est habituellement ignoré devient soudain matière vivante, captivante, presque poétique. Split-screen après split-screen, le créateur met en scène une relation intime entre l’humain et ses rebuts, sans discours moralisateur mais avec une finesse qui touche à la fois l’écologie, le geste artistique et l’humour discret.

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Quand les déchets deviennent chorégraphes

Tout commence par une observation en apparence banale : un ticket de caisse qui tourbillonne, un sac plastique qui s’élève légèrement dans une brise, un emballage qui tressaute sur le bitume. Là où d’autres détourneraient les yeux, Yamasaki y voit une partition. Il filme ces fragments abandonnés, isolés de tout contexte, révélant la danse involontaire qu’ils exécutent sous l’effet du vent.

Face à cette matière mouvante, il reproduit chaque oscillation, chaque tremblement, chaque rotation. Sa démarche, improvisée mais extrêmement précise, transforme l’aléatoire en langage corporel. Le vent devient chorégraphe, le déchet devient partenaire, et l’artiste devient un relais entre deux mondes : celui de la culture humaine et celui de son excédent matériel.

Un projet viral, mais profondément intime

Si Littered Mvmnts a explosé sur TikTok et Instagram, son origine est bien plus personnelle. Confiné pendant la pandémie, Yamasaki redécouvre sa ville en marchant et en ramassant les déchets qu’il croise. Très vite, il développe une manière d’observer et d’imiter ces mouvements infimes : une forme de méditation physique qui l’aide à canaliser son énergie créative.

La mise en ligne des premières vidéos révèle alors une universalité inattendue. Aux quatre coins du monde, les internautes y projettent leur propre rapport à la consommation, au paysage urbain, ou simplement à l’humour de voir un humain « devenir » un sac plastique. Le style dépouillé et la précision du geste rendent ses performances immédiatement reconnaissables, ce qui n’empêche pas… une avalanche de reposts non crédités, un écueil qui rappelle la fragilité de la viralité.

Danser avec le monde qui nous entoure

Au-delà de la dimension environnementale, Yamasaki inscrit Littered Mvmnts dans une vision plus large : celle d’un monde où tout est mouvement. Pour lui, la chorégraphie n’est pas réservée aux corps humains ni à la scène. Elle existe déjà dans les flux d’air, les pulsations de la matière, la dynamique de la nature, de la trajectoire d’un sac à la rotation des galaxies.

En imitant ces micro-gestes, l’artiste invite à une forme de reconnexion douce, presque philosophique. Ni militantisme frontal, ni dénonciation, simplement une manière d’ouvrir les yeux sur ce que nous jetons, ce que nous ignorons, et ce qui pourtant continue d’habiter notre environnement. Une approche artistique qui transforme l’ordinaire en performance et le déchet en messager. Nous vous invitons à aller découvrir l’étendue du projet LITTERED MVMNTS de Shoji Yamasaki sur sa chaîne YouTube ou sur son compte Instagram.

L’utilisation artistique des déchets est assez courante. On a vu des portraits d’Américains allongés dans leurs déchets hebdomadaires, des déchets transformés en sculptures d’animaux spectaculaires ou même des costumes fabriqués avec 30 jours de déchets pour dénoncer la surconsommation. Mais des chorégraphies qui imitent les mouvements de nos déchets, ça, on ne l’avait encore jamais vu…