Évolution des logos : voici pourquoi tous les logos de marques se ressemblent

Le rebranding est une étape clé dans l’objectif de moderniser l’image d’une marque et donner un sentiment de renouveau aux consommateurs. Depuis quelques années, de nombreuses enseignes issues de différents secteurs d’activité se sont prêtées à l’exercice. Toutefois, un détail n’a pas manqué d’interpeller leur public : la forte homogénéisation design de ces nouveaux logos.

Un procédé qui n’a pas échappé non plus à l’œil aguerri de l’auteur David Perell et que nous avons tenu à vous partager dans cet article. Le 9 juillet dernier, il publiait sur son compte Twitter un thread explicatif, en partie basé sur le travail du développeur Radek Sienkiewicz, évoquant les raisons pour lesquelles les marques optent pour des logos très simplistes et désormais tous similaires lorsqu’elles décident de changer leur identité visuelle. Un thread devenu viral au point de comptabiliser plus de 300 000 réactions en quelques jours.

L’idée de l’article à l’origine du thread est arrivée lorsque Radek a reçu un mail de Revolut, une néobanque britannique, présentant son nouveau logo. Si leur ancienne identité visuelle arborait une police unique et légèrement en italique avec un dégradé de bleu la rendant largement reconnaissable, la nouvelle est uniquement constituée… d’une typographie simple et droite.

L’évolution du logo de la banque Revolut

Pour comprendre ce phénomène, il faut revenir en 2017 lorsqu’apparaît une nouvelle tendance de branding lancée par les maisons de mode de luxe. Beaucoup d’entre elles ont décidé de troquer leurs logos iconiques et historiques (pour ne pas dire vieillissants) pour offrir quelque chose de plus simple et uniforme, synonyme de modernité. Un mouvement largement suivi ensuite par les entreprises du secteur technologique telles que Google et Facebook par exemple.

L’homogénéisation des logos de la mode et de la tech

Crédits : Radek Sienkiewicz

Mais une question subsiste : si les logos sont à l’origine un signe de différenciation entre les marques dans l’esprit des consommateurs, pourquoi choisissent-elles de se limiter à une police simple, plus communément appelée “sans serif” ?

L’une des principales raisons serait qu’aujourd’hui, les consommateurs ne s’intéressent plus à une marque pour son image mais plutôt pour le produit ou service qu’elle propose, relayant l’identité visuelle au second plan. De plus, certaines marques sont tellement fortement ancrées dans notre quotidien à l’image de Google, Uber ou Microsoft que ces dernières n’ont plus besoin d’un visuel accrocheur pour attirer l’attention.

Un seul de ces sacs existe réellement

Crédits : Radek Sienkiewicz

Selon David Perell, l’auteur du thread, cette uniformisation peut provenir du fait que les designers utilisent aujourd’hui tous les même outils de création. Inconsciemment et évoluant avec la même culture globalisée, ces derniers adoptent des voies créatives identiques.

Internet ayant réussi à connecter le monde, les tendances d’aujourd’hui ne sont plus locales mais bien mondiales mettant en péril la diversité esthétique. Le logo de Pepsi en est un bon exemple : d’une typographie très identitaire née au début du XXème siècle, l’identité de la marque est devenue au fil des années “plate, fade, stérile, timide et sans imagination” (pour reprendre les termes de David Perell) et tend aujourd’hui à une forme minimaliste quasi vide de personnalité.

Évolution du logo de Pepsi

Crédits : David Perell

Une évolution que l’on retrouve également dans le monde du design. Le même destin d’uniformisation a touché les cabines téléphoniques, les sonnettes des maisons, les meubles ou encore les poteaux des rues. Les spécificités culturelles, parfois régionales, s’effacent face à la globalisation culturelle.

Crédits : David Perell

Un phénomène croissant que de nombreux spécialistes du marketing définissent aujourd’hui avec le terme inattendu de “debranding” (insolite pour une tendance liée au rebranding). Un sujet passionnant pour tous les professionnels du secteur que nous vous invitons à explorer plus en détail en consultant le thread Twitter de David Perell et surtout le travail de Radek Sienkiewicz sur son site velvetshark.com.

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Arnaud
3 mois il y a

Peut-être que ce “debranding” est aussi lié aux multiples supports digitaux sur lesquels un logo peut arriver.
Il faut anticiper tellement de possibilités qu’il vaut mieux faire simple et développer le graphisme et les idées selon le support utilisé.