Erika S. Rhinelander est une artiste basée à St. John’s, à Terre-Neuve, qui crée depuis trois ans des sculptures d’œufs hyperréalistes. Blanc qui s’étale, jaune bombé et brillant, surface qui semble encore humide : ses pièces jouent à fond la carte du trompe-l’œil, avant de révéler qu’elles sont entièrement fabriquées en mousse, plâtre, peinture et résine époxy.
Ce qui rend la série efficace, c’est sa mécanique visuelle très simple. On reconnaît l’œuf instantanément, puis on réalise en quelques secondes qu’il est impossible. Ce court-circuit entre le familier et l’absurde est précisément ce que Rhinelander cherche à provoquer : forcer le regard à se poser sur un objet qu’on ne regarde jamais vraiment.
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Quand l’ordinaire devient sculpture
L’artiste s’est intéressée aux œufs non pas par goût de l’anecdote, mais parce qu’ils condensent quelque chose d’essentiel. Simples, universels, présents dans presque toutes les cultures, ils sont aussi capables de dérégler un système entier quand leur prix s’emballe. C’est cette tension entre le banal et le symbolique qui nourrit son travail de sculptrice.
La résine comme matière de l’illusion
Tout repose sur la texture. Le jaune doit paraître dense et frais, le blanc translucide ou figé selon la cuisson simulée. La résine époxy permet d’obtenir cette surface lisse et brillante qui donne l’impression que l’œuf vient d’être cassé quelques secondes plus tôt. Si un seul élément sonne faux, l’illusion s’effondre. Le soin apporté à chaque pièce, entièrement faite à la main, garantit que chacune reste unique.
Un format pensé pour le mur ou n’importe quelle surface
Les sculptures sont conçues pour être accrochées ou posées. Rhinelander en a d’ailleurs installé une version géante, en format œuf au plat, directement dans sa propre cuisine. Le résultat joue sur un registre proche du marketing sensoriel : l’objet interpelle avant même qu’on sache ce qu’on regarde. Les pièces sont disponibles à l’achat sur sa boutique Etsy, à partir d’une centaine d’euros. Et évidemment, on vous encourage à la suivre sur son compte Instagram pour découvrir plus de ses créations.
Et dans un registre tout aussi saisissant, Emily O’Leary s’attaque elle aussi au réalisme comme terrain de jeu, mais avec de la laine et un crochet : ses tapis en forme de chiens endormis sculptés au rug hooking capturent chaque détail du pelage avec la même précision déconcertante.





