Sur les routes du Québec, 371 personnes ont perdu la vie en 2025. Soit l’équivalent d’un mort par jour. C’est ce chiffre que la SAAQ (Société de l’assurance automobile du Québec) a choisi d’attaquer frontalement avec sa nouvelle campagne signée par l’agence LG2, en transformant une statistique anonyme en visages bien réels.

Le principe est radical : chaque jour, une nouvelle publicité est dévoilée avec un visage différent. Le message rappelle qu’un mort par jour endeuille les routes du Québec, et chaque visage prononce la même phrase : « Aujourd’hui, c’est moi. » Le lendemain, l’image disparaît, sans possibilité de retour en arrière.

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Une mécanique éphémère qui mime l’irréversible

Ce détail d’exécution n’a rien d’anodin. En rendant la campagne volontairement éphémère, LG2 fait reproduire au dispositif créatif lui-même la mécanique de ce qu’il dénonce : l’irréversible. Impossible de rattraper la pub d’hier, comme il est impossible de revenir sur une vie perdue. Une stratégie d’engagement qui mise sur la rareté et l’incarnation pour relancer un message émoussé par l’habitude.

La force du « je » pour casser la distance

Au-delà de la mécanique, c’est la signature qui frappe. Faire parler la victime à la première personne, c’est inverser le regard : le spectateur ne contemple plus un drame extérieur, il entend une voix qui aurait pu être la sienne. Un glissement narratif qui transforme un message de prévention en confession anticipée, et qui place la responsabilité du conducteur au centre du cadre, sans détour.

Une esthétique documentaire pour rapprocher du réel

L’imagerie va dans le même sens : dépouillée, presque documentaire, sans artifice ni dramatisation. Le concept, porté par Nicolas Boisvert (associé et vice-président création chez LG2), se déploie d’abord à la télévision avant de migrer en affichage, en presse écrite et sur les plateformes numériques, en pleine reprise des usagers vulnérables sur les routes au printemps.

Le duo SAAQ et LG2 n’en est pas à son premier coup d’éclat sur la sécurité routière. Quelques années plus tôt, ils transformaient des écoliers en radars vivants en équipant leurs cartables d’écrans affichant la vitesse des voitures. Là où « Un mort par jour » met le conducteur face à la conséquence, les enfants-radars imaginés par la SAAQ et LG2 misaient sur la prévention, juste avant l’accident.