Un passage piéton aux couleurs du Gwenn ha du n’est plus une exception mais une tendance qui s’installe en Bretagne. À Quimper, le drapeau réapparaît boulevard Dupleix après avoir disparu lors de travaux, tandis qu’à Pléneuf-Val-André, un premier passage a été peint rue Clemenceau, avec un second déjà annoncé dans un lieu tenu secret. Deux communes, une même intuition : transformer un élément de voirie banal en symbole identitaire visible et partageable.
Tout part d’un précédent devenu culte. Comme le rappelle Ouest France, Quimper avait été en 2022 la première ville au monde à transformer un passage piéton en Gwenn ha du, dans le cadre d’une opération visant à obtenir la création d’un emoji drapeau breton. L’idée avait suffisamment marqué les esprits pour que le passage soit aujourd’hui référencé sur Google Maps comme attraction touristique à part entière, preuve qu’un marquage au sol bien pensé peut générer un vrai réflexe de visite.
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Un symbole qui revient après sa disparition
Le passage piéton originel avait pourtant disparu en 2025, effacé par des travaux de rénovation du pont Sainte-Catherine. Plutôt que de laisser filer une idée qui fonctionnait, la ville a choisi de la faire renaître ailleurs. Selon Rose-Marie Duguen de Ouest France, le drapeau a migré boulevard Dupleix, devant le cinéma Katorza, face au musée départemental breton et à la cathédrale, un emplacement qui ancre le symbole dans un environnement patrimonial cohérent. Une fine ligne verticale distingue désormais la portion réglementaire du passage piéton de la partie purement symbolique, un ajustement technique qui permet de concilier identité visuelle et conformité aux normes de sécurité routière.

Pléneuf-Val-André reprend le principe à son compte
À une centaine de kilomètres de là, Pléneuf-Val-André adopte une démarche similaire mais avec sa propre mécanique de diffusion. Le maire Pierre-Alexis Blévin précise que le marquage a été réalisé en régie par les services techniques municipaux, grâce à la machine habituellement utilisée pour le marquage au sol classique. Ce choix de production interne, sans prestataire extérieur, illustre bien à quel point l’idée est devenue reproductible et accessible à toute collectivité disposant du matériel adéquat.
Une déclinaison locale qui multiplie les points de contact
La commune ne s’arrête pas à un seul symbole. Un second passage, situé rue du Guesbet devant l’école André Guigot, joue sur un registre différent avec des empreintes de pas peintes au sol pour inciter les enfants à traverser de façon ludique. Cette double approche, identité régionale d’un côté, pédagogie de la sécurité routière de l’autre, montre une vraie réflexion de dispositif créatif appliqué à l’espace public plutôt qu’un simple coup de peinture isolé.

Le passage piéton comme support de communication territoriale
Ce qui frappe dans ces initiatives, c’est la manière dont un élément aussi contraint que le marquage routier devient un vecteur d’activation terrain pour l’identité locale. Sans budget de campagne ni agence extérieure, les municipalités obtiennent un effet de visibilité et de partage sur les réseaux sociaux comparable à une opération de marketing territorial pensée par des professionnels. Le post Facebook de Pléneuf-Val-André, qui invite les habitants à voter pour leur passage préféré, transforme d’ailleurs un aménagement urbain en support d’engagement communautaire.
Un geste simple, une portée qui dépasse le local
Reste qu’un second passage est déjà annoncé devant la gare de Quimper, selon les informations de Ouest France, et que Pléneuf-Val-André prépare elle aussi un nouvel emplacement tenu secret pour le moment. Ce qui pourrait n’être qu’une curiosité locale devient ainsi une signature identitaire réplicable, portée par le bouche-à-oreille numérique plus que par une stratégie de communication classique. La force de l’idée tient justement dans sa simplicité d’exécution et dans sa capacité à faire d’un passage piéton un point de rendez-vous symbolique pour toute une région.
Si le passage piéton peut afficher une identité régionale, il peut aussi sauver des vies. À Tuzla, en Turquie, chaque bande du passage piéton illustre une année d’accidents de la route, transformant le marquage au sol en tableau vivant des accidents de la route, pour rappeler que la prévention peut aussi s’inviter sous nos pieds.



