L’idée en un clin d’œil
- No Comment, court-métrage réalisé par Antoine de Bujadoux, utilise une fable animalière entièrement conçue avec l’IA pour dénoncer l’aveuglement géopolitique face à l’urgence climatique.
- Derrière une esthétique douce et familière, le film met en scène dirigeants, médias et industriels obsédés par le contrôle du Groenland, tandis que la fonte des glaces devient un simple décor ignoré.
- Réalisé en moins d’une semaine, le projet questionne autant notre incapacité collective à regarder la crise en face que le rôle de l’IA comme accélérateur créatif et révélateur des tensions du monde contemporain.
Derrière son apparente légèreté visuelle, No Comment cache une satire lucide. Réalisé par Antoine de Bujadoux, ce court-métrage de sensibilisation a une particularité majeure : il a été conçu intégralement à l’aide d’outils d’intelligence artificielle, en moins d’une semaine, comme un défi créatif autant qu’un terrain de réflexion.
Réalisateur de films publicitaires, Antoine de Bujadoux s’interroge depuis plusieurs mois sur la place de l’IA dans la production audiovisuelle. Avec No Comment, il explore ces nouveaux usages sans naïveté, en mettant la technologie au service d’un propos fort, tout en laissant planer les doutes et les tensions que cette mutation suscite dans les métiers de la création.
Besoin d'une
agence créative ?
- Stratégie / Campagne 360°
- Accompagnement social media
- Activation virale
- Visibilité garantie



Une fable animalière à l’esthétique faussement innocente
Visuellement, No Comment emprunte les codes du cinéma d’animation grand public. Personnages animaliers expressifs, palette colorée, animation fluide, l’ensemble évoque un univers familier, quelque part entre la fable classique et certaines productions Pixar.
Mais cette douceur apparente masque une lecture bien plus acide. Chaque animal incarne une figure humaine identifiable : dirigeants, médias, scientifiques, industriels ou stratèges improvisés. Tous arrivent avec leur discours, leurs intérêts et leurs symboles, transformant l’écran en une scène de théâtre absurde où les postures prennent le pas sur la réalité.
Un univers qui, sans l’IA, aurait nécessité une équipe d’animateurs et plusieurs mois de production, mais qui devient ici possible en quelques jours, soulevant au passage une question centrale : que change réellement l’IA dans notre manière de raconter des histoires ?

Le Groenland comme décor d’un aveuglement collectif
Tous les regards convergent vers un même territoire : le Groenland. Présenté comme un enjeu géopolitique majeur, il devient le point de fixation d’une agitation frénétique, entre débats stériles, fantasmes de domination et velléités d’annexion, notamment portées par les États-Unis.
Pendant ce temps, l’essentiel disparaît du champ. La fonte des glaces, pourtant omniprésente, n’est plus qu’un décor. Le réchauffement climatique, cause profonde de cette transformation du territoire, est relégué à l’arrière-plan, comme si la catastrophe pouvait être ignorée tant qu’elle nourrit des intérêts stratégiques.
Une mise en scène volontairement ironique, qui souligne l’absurdité d’un monde obsédé par le contrôle, incapable de regarder l’urgence en face.

Une satire silencieuse, et un outil qui interroge la création
Le dernier plan du film agit comme une révélation brutale. Le Groenland n’est plus seulement un symbole politique, mais le reflet d’une vision du monde court-termiste, opportuniste et profondément déconnectée du bien commun. Une humanité qui s’agite, discute et calcule, tout en avançant vers sa propre perte.
No Comment ne délivre aucune morale appuyée. La satire reste douce-amère, volontairement silencieuse, laissant au spectateur la responsabilité du constat. Un choix qui résonne d’autant plus avec son mode de production. L’IA, ici, n’est ni glorifiée ni diabolisée. Elle devient un révélateur, capable d’accélérer la création, mais aussi de questionner la valeur, le temps et le sens du travail créatif.
Le film a été conçu par Antoine de Bujadoux via son nouveau studio Endorfine, un laboratoire créatif qui explore les usages de l’IA dans la création de films pour les marques, avec la même exigence narrative et esthétique que les productions traditionnelles.











