Un cerveau géant, entièrement sculpté dans la glace, s’est installé sur la rive sud de la Tamise, à Londres. Haute de 2,5 mètres, cette installation de la Stroke Association donne une forme tangible à la fragilité du cerveau pour sensibiliser aux conséquences durables d’un accident vasculaire cérébral, ou AVC.
Présentée à l’occasion de la Journée mondiale de l’AVC, elle lance la campagne « Survival Is Not Enough », autrement dit « Survivre ne suffit pas ». Le choix de la glace porte le message : derrière un organe aux formes complexes, des capacités aussi essentielles que parler, marcher ou avaler peuvent être bouleversées. Et lorsque l’urgence médicale est passée, la reconstruction ne fait souvent que commencer.
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Une sculpture inspirée de cerveaux bien réels
La réalisation a nécessité 150 heures de travail réparties sur cinq jours. Ses formes ont été inspirées par les scanners cérébraux de cinq personnes ayant survécu à un AVC : Tayshelice, Jordan, Jermaine, Rutuja et Jim. Leurs parcours traversent les générations : Tayshelice a subi un AVC à huit ans, tandis que Jim a aujourd’hui plus de 70 ans.

Installée sur un socle à Observation Point, sur Southbank, l’œuvre est présentée au public les 26 et 27 octobre. Les passants peuvent l’observer de près et découvrir les histoires des personnes associées à la campagne. La sculpture relie ainsi une représentation monumentale du cerveau à des expériences individuelles, loin d’une vision uniquement abstraite de la maladie.

L’acteur et producteur Josh Whitehouse a participé à son dévoilement. Son père, John, a survécu à un AVC sévère près de vingt ans auparavant et vit depuis avec une aphasie, un trouble qui affecte la parole, l’écriture et la compréhension du langage. Un exemple concret de ces séquelles qui persistent bien après l’hospitalisation.

Rappeler que survivre n’est qu’une première étape
L’installation accompagne une enquête publiée par l’association au Royaume-Uni. Parmi les personnes interrogées, 32 % ignoraient qu’un AVC est une lésion cérébrale et 22 % pensaient que la récupération prenait seulement quelques mois, voire moins. Chez les 18-34 ans, 34 % estimaient être trop jeunes pour en subir un.

La Stroke Association souligne aussi le manque de rééducation et d’accompagnement à long terme auquel sont confrontés de nombreux survivants. C’est là que cette idée prend tout son sens : utiliser un matériau fragile pour attirer le regard, puis déplacer l’attention vers ce qui reste souvent invisible, les difficultés quotidiennes après un AVC et le soutien nécessaire pour reconstruire sa vie.

De la fragilité du cerveau à celle du climat, la glace permet de rendre une menace tangible dans l’espace public. À Auckland, l’opérateur 2degrees et l’agence TBWA\New Zealand ont ainsi imaginé des smartphones emprisonnés dans des blocs de glace pour alerter sur la crise climatique : leurs sonneries persistantes incarnent un appel de la Terre laissé sans réponse.


