Pour son exposition MOTOMORPHOSIS, le collectif new-yorkais MSCHF transforme deux Lexus électriques en sculptures grandeur nature. La première voiture se referme sur elle-même pour former un anneau, tandis que la seconde semble avoir été essorée autour d’un axe invisible.

Commandées par Lexus, ces œuvres baptisées Circle Car et Twisted Car seront présentées aux côtés des modèles qui les ont inspirées. Cette confrontation permet de mesurer immédiatement la métamorphose, mais aussi de reconnaître les phares, les roues et les lignes de carrosserie emportés par les déformations.

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Des manipulations numériques devenues physiques

Circle Car reprend la silhouette de la Lexus RZ 450e électrique. Son avant rejoint son arrière dans une boucle continue, comme si la voiture était condamnée à tourner autour de sa propre carrosserie. La forme évoque également les traces circulaires laissées par un véhicule effectuant des donuts, sauf qu’ici, le mouvement est directement inscrit dans l’objet.

Twisted Car s’appuie quant à elle sur le Lexus RX 450h+ hybride rechargeable. Le véhicule est soumis à une torsion longitudinale extrême qui entraîne les vitres, les surfaces et les éléments de carrosserie dans une spirale. L’ensemble ressemble à une image d’animation figée au moment où la matière se déforme pour accentuer une impression de vitesse.

MSCHF transpose ainsi dans le monde réel des outils ordinaires de la modélisation 3D, comme étirer, courber ou tordre une forme. Le collectif s’inspire notamment des « smear frames », ces images intermédiaires volontairement déformées qui rendent un mouvement plus fluide dans un dessin animé.

Des voitures qui ne rouleront jamais

Le collectif décrit ses créations comme des « Form Cars », en opposition aux concept-cars traditionnels. Elles ne cherchent pas à imaginer la mobilité de demain ni à tester une solution technique. Leur rôle consiste uniquement à explorer la forme de l’automobile et tout ce qu’elle suggère lorsqu’elle cesse d’être soumise à sa fonction.

Les deux sculptures intègrent de véritables pièces Lexus, mais ne sont pas des véhicules en état de rouler. Elles ont été construites autour d’armatures en acier, recouvertes de milliers d’éléments assemblés puis travaillés avec des techniques issues de la carrosserie automobile. L’exposition MOTOMORPHOSIS les dévoile gratuitement du 24 au 26 septembre 2026 au Chelsea Industrial, à New York, pendant l’Armory Week.

Après les Lexus déformées par MSCHF, une autre carrosserie quitte la route pour entrer dans la galerie. Sur une Ford Mustang de 1965, l’artiste new-yorkais Kozo remplace la torsion physique par une métamorphose picturale, en faisant dialoguer muscle car et peinture classique dans sa fresque de Versailles réalisée sur une Mustang, fruit de plus de 500 heures de travail.