Dior n’avait jamais raconté Miss Dior en dessin animé. C’est désormais chose faite avec un court-métrage confié à Ugo Bienvenu, le réalisateur d’Arco fraîchement césarisé, et à son studio français Remembers. Ensemble, ils personnifient le parfum lancé en 1947 sous les traits d’une héroïne inspirée de l’animation japonaise, dans un film où chaque plan respire la poésie.
Diffusé sur YouTube en parallèle de la nouvelle campagne portée par Natalie Portman, le film mise sur une technique artisanale devenue rarissime pour se démarquer, à contre-courant d’un paysage visuel de plus en plus saturé d’images générées par IA.
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Une abeille pour fil rouge narratif
Le récit s’ouvre sur une abeille espiègle qui guide le spectateur à travers les lieux chers à Christian Dior. Des champs de roses de mai au château de La Colle Noire, son refuge provençal, jusqu’à Paris, le voyage déroule les codes maison : le nœud rose, l’iconique motif pied-de-poule et la nuit provençale baignée de lucioles.
Catherine Dior, muse cachée du parfum
Derrière Miss Dior se cache Catherine, la sœur cadette du couturier et figure de la Résistance. Le film retrace en trois temps la naissance du parfum, le lien fraternel jusqu’au défilé fondateur du New Look, puis un hommage aux publicités cultes, dont celle où l’héroïne survole Paris accrochée à des ballons.

Une gouache que presque personne ne maîtrise
Pour les décors, Remembers a ressorti une méthode japonaise à la gouache héritée des années 1980, quasi disparue tant elle est chronophage. Louise Seynhaeve, qui a peint l’ensemble des décors, serait la seule en France à la maîtriser. Les couleurs sont d’abord diluées, puis enrichies dans un travail d’orfèvre.

Quand l’artisanat devient argument de marque
« On a l’impression de pouvoir sculpter la lumière », résume Louise Seynhaeve. Le parti pris n’a rien d’anodin : à l’heure d’un marketing sensoriel envahi par l’IA, Dior transforme le savoir-faire en récit de marque. La lenteur de la haute couture devient un marketing expérientiel qui célèbre la main plutôt que l’algorithme.

Natalie Portman, marraine du projet
Le studio n’est pas un inconnu : derrière Remembers et Ugo Bienvenu, on retrouve aussi Natalie Portman, qui coproduit Arco et prête son visage à Miss Dior. Joséphine Mancini, productrice et superviseuse artistique, relie ce choix esthétique aux esquisses de Christian Dior et au temps long du geste couture.
Dior n’est pas la seule maison à convoquer l’anime des années 80 pour se raconter. Dans un registre nettement plus balnéaire, Lacoste transforme son crocodile en héros d’animation façon anime japonais, une campagne signée par l’illustrateur Rayan Takhedmit et le Studio Les Monstres. Preuve que l’esthétique nippone vintage est devenue un vrai terrain de jeu pour les marques.








