L’illustrateur Rayan Takhedmit et le studio Les Monstres remettent le couvert avec Lacoste. Après leur campagne animée de l’hiver dernier, le duo signe une nouvelle série de spots estivaux qui poursuit l’exploration d’un univers graphique devenu, en quelques mois, l’un des marqueurs visuels les plus reconnaissables de la marque au crocodile.
Trois séquences composent cette nouvelle vague, chacune construite comme une petite scène balnéaire où le logo Lacoste se transforme en personnage à part entière. Le crocodile s’installe en transat devant un mini-golf face à la mer, un vert à la main. Plus loin, des sauveteurs crocodiles hissent un polo rouge en haut d’un mât, en guise de drapeau de baignade. La dernière séquence parodie ouvertement les Dents de la mer, avec un aileron vert qui fend les vagues avant que la mascotte ne surgisse, balle de tennis à la main, sous le regard de deux joueuses en tenue rétro.
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Un style anime 80s qui redonne du liant à la marque
L’identité visuelle de la campagne puise dans l’esthétique des animes japonais des années 80, avec ses aplats de couleurs franches, ses contours nets et son grain d’image légèrement vintage. Cette direction artistique, déjà présente dans la campagne hivernale, installe une continuité graphique forte et un rendez-vous récurrent avec le public, un vrai enjeu de stratégie d’engagement pour une marque patrimoniale qui cherche à toucher une audience plus jeune sans renier son ADN.
Le choix n’est pas anodin. En s’appuyant sur cette référence culturelle, Lacoste convoque une nostalgie partagée par une génération biberonnée aux séries télé et au city pop, tout en signant une rupture de ton avec les codes plus classiques de la publicité lifestyle. La marque de sport chic devient le décor d’un petit film d’animation où l’on prend plaisir à repérer les clins d’œil.
Du logo au personnage, une mécanique créative maligne
L’idée forte de cette collaboration tient dans ce glissement du logo vers le personnage. Le crocodile brodé, simple signature discrète sur un polo, devient ici un protagoniste à part entière, avec ses attitudes, son quotidien et ses petites aventures. C’est une manière habile de faire vivre un actif de marque longtemps figé dans sa fonction d’emblème. Une stratégie qu’alimente Lacoste depuis plusieurs mois maintenant sur ses réseaux sociaux.
Le produit détourné avec légèreté
Les pièces iconiques de la marque sont réinjectées dans le récit de façon ludique plutôt que démonstrative. Le polo rouge devient pavillon de plage, les lunettes de soleil épousent la silhouette du crocodile, la balle de tennis se change en trophée de fin de séquence. Le produit n’est jamais plaqué artificiellement dans le cadre, il est digéré par l’histoire, ce qui évite l’écueil du placement trop appuyé et renforce la cohérence de l’ensemble.
Cette manière de raconter la marque par le détail plutôt que par le message frontal illustre bien ce que peut apporter une agence de communication créative capable de penser un territoire de marque sur le temps long, au-delà d’une simple campagne saisonnière.
Le crocodile Lacoste change de terrain de jeu. Après l’avoir animé dans l’esthétique rétro de Rayan Takhedmit, la marque l’a récemment embarqué dans une voiture de course avec Alpine, qui a livré une A290 Rallye pensée comme la gueule du crocodile, du petit piqué brodé jusqu’au film porté par Pierre Niney et Pierre Gasly.


