Pour vendre un appartement de luxe à Tokyo, il y a les visites léchées, les drones et les rendus parfaits. Et puis il y a la méthode de Miho : une vidéo de visite où un homme entièrement vêtu d’une combinaison fond vert s’agite dans le cadre, ouvre placards et portes coulissantes, sans jamais disparaître au montage.

« Désolée, je ne sais pas comment effacer le bonhomme vert. Il me faudrait un monteur peut-être », écrit l’agente en légende de sa publication. La séquence a été reprise par de gros comptes sur X et Instagram, déclenchant une vague de commentaires amusés et des centaines de milliers de vues.

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La maladresse comme parti pris

Personne ne croit vraiment à l’erreur. Une combinaison chroma key sert à incruster des effets dans des productions hollywoodiennes, façon Andy Serkis en Gollum dans Le Seigneur des Anneaux, pas à filmer un trois-pièces. Le « raté » est l’idée même : un dispositif assez absurde pour qu’on s’arrête, assez crédible pour qu’on hésite une seconde.

Le contre-pied de l’immobilier sous IA

Le timing fait tout. À l’heure où les annonces débordent de home staging virtuel et de visuels générés par IA, une vidéo volontairement bancale détonne. Un commentaire résume l’effet : le contenu immobilier le plus « anti-IA » qui soit. L’imperfection assumée devient un signal d’authenticité, et un vrai moteur de marketing viral.

Quand le bug fait une meilleure visite

Ironie de l’affaire : la version non corrigée se révèle plus parlante qu’un montage propre. À mesure que le bonhomme vert ouvre chaque pièce, il déroule une visite complète et tangible. Chambre avec vue directe sur la Tokyo Tower, salle de bains, buanderie, cuisine équipée four et lave-vaisselle : tout y passe, mains visibles à l’appui.

Un bien à 5,5 millions sur un marché au plus haut

Reste un objectif limpide : faire exister l’annonce. Miho vend cet appartement près de Minato City à 5,5 millions de dollars (880 millions de yens), sur un marché où les prix du neuf à Tokyo battent des records dans les quartiers centraux. Capter l’attention par l’humour plutôt que par le luxe relève d’une logique de brand content que beaucoup de marques hésitent encore à oser.

L’idée d’employer la débrouille plutôt que le budget pour vendre un bien n’est pas nouvelle. En Australie, l’agent immobilier Ben Lewis détourne « Wonderwall » d’Oasis pour vendre une villa, quitte à chanter faux. Même conviction des deux côtés du globe : pour faire le buzz autour d’une annonce, un peu d’autodérision pèse parfois plus lourd qu’un montage parfait.