L’idée en un clin d’œil
- Après des insultes racistes lors du derby paulista du 12 avril, le Corinthians a retiré le siège de l’auteur des injures à la Neo Química Arena.
- Une opération signée End To End et Area 23 : à la place du fauteuil, une plaque « Ici, le racisme n’a pas sa place. Et n’en aura jamais. » visible des 49 000 spectateurs.
- Un QR code apposé sur la plaque redirige vers du contenu pédagogique pour identifier, signaler et dénoncer les actes racistes, transformant la cicatrice en outil.
Le 12 avril dernier, lors du derby paulista entre Corinthians et Palmeiras, le gardien adverse Carlos Miguel a été la cible d’insultes racistes depuis les tribunes de la Neo Química Arena. Quelques semaines plus tard, le club brésilien a transformé cet épisode douloureux en geste fort, en retirant purement et simplement le siège occupé par l’auteur des injures.
À la place du fauteuil arraché, une plaque sans détour : « Ici, le racisme n’a pas sa place. Et n’en aura jamais. » Une opération conçue par les agences End To End et Area 23 avec le club, qui transforme une absence physique en présence symbolique permanente.
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Le vide comme prise de position
L’idée créative tient dans une soustraction. Plutôt qu’ajouter un message, une banderole ou une campagne classique, les concepteurs ont choisi de retirer. Ce siège manquant, visible de toutes les autres tribunes, devient une cicatrice volontaire dans l’architecture du stade. Une faille graphique impossible à ignorer pour les 49 000 spectateurs qui s’y rendent chaque week-end.
L’exécution joue sur la durée. La sanction sportive infligée par les instances, soit 80 000 reais d’amende et la perte d’un match à domicile, s’éteindra mécaniquement. Le siège retiré, lui, reste. Ce déplacement du registre judiciaire vers le registre architectural inscrit le combat antiraciste dans la matérialité même du lieu, bien au delà du calendrier des compétitions.
Un QR code qui transforme la cicatrice en outil
L’opération ne s’arrête pas au geste symbolique. Sur la plaque qui remplace le fauteuil, un QR code redirige vers du contenu pédagogique expliquant comment identifier, signaler et dénoncer les actes racistes en tribune. Le même code est dupliqué à plusieurs endroits du stade et relayé dans les stories Instagram du club, élargissant la portée de l’action.
Cette mécanique transforme une signalétique passive en dispositif actif. Le supporter qui croise le siège manquant peut, en quelques secondes, passer du constat à l’action. Un design utile, qui répond à une critique classique adressée aux campagnes antiracistes du sport : beaucoup de communication, peu d’outils concrets pour les témoins.

Le storytelling de l’absence, signature contemporaine
Cette opération s’inscrit dans une tendance créative plus large, celle du monument par soustraction. On l’a vu avec les statues retirées, les noms effacés, les pages blanches éditoriales. End To End, Area 23 et le Corinthians appliquent cette grammaire à la culture stade, où chaque siège représente une voix, une présence, un corps engagé pour son club.
Le message envoyé aux supporters est sans ambiguïté : votre place dépend de votre comportement. Dans un football brésilien régulièrement secoué par des incidents racistes, ce positionnement assumé d’un club historique pèse lourd. Reste à voir si d’autres formations emboîteront le pas, et si ce siège vide deviendra, à terme, un format reproductible dans d’autres enceintes du continent.
Et si vous aimez les sensibilisations créatives autour du football, rappelez-vous cette idée des Îles Marshall, qui avaient conçu un maillot qui disparaît pour alerter sur le réchauffement climatique.




