Une éléphante avance dans le lit asséché d’une rivière en portant le corps d’un éléphanteau entre sa trompe et l’une de ses défenses. Saisi en Namibie par le photographe italien Federico Veronesi, ce moment bouleversant lui vaut le grand prix du Wildlife Photographer of the Year 2026.
Organisé par le Natural History Museum de Londres, le concours a départagé 65 403 photographies envoyées depuis 121 pays et territoires. Pour cette 62e édition, 100 images ont été retenues afin de montrer la beauté du monde animal, mais aussi sa fragilité et la complexité de ses comportements.
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Une image qui révèle la profondeur des émotions animales
Federico Veronesi suivait des éléphants dans la vallée de la rivière Huab lorsqu’il a remarqué des traces inhabituelles dans le sable. En les remontant, il a découvert la femelle transportant le petit sans vie, dont une patte était coincée entre sa défense et sa trompe. Le photographe pensait d’abord assister au deuil d’une mère, mais des chercheurs ont reconnu une éléphante ayant perdu son propre petit plusieurs années auparavant et déjà observée portant les corps de jeunes appartenant à d’autres femelles.
Le palmarès distingue également Oscar Whitfield, élu Young Wildlife Photographer of the Year à seulement 14 ans. Son cliché en noir et blanc, intitulé « Labour of Love », montre un scarabée bousier en plein effort. Les photographies récompensées seront réunies au Natural History Museum de Londres dans une exposition ouverte du 16 octobre 2026 au 11 juillet 2027.
Si ce concours vous passionne, vous pouvez également parcourir les précédentes éditions du Wildlife Photographer of the Year et retrouver leurs images les plus mémorables. Mais sans plus attendre, voici les lauréats de l’édition 2026…
Grand Prix

Dans le décor aride du Damaraland, cette éléphante avance avec le corps sans vie d’un petit maintenu entre sa trompe et l’une de ses défenses. Federico Veronesi a découvert la scène en remontant de mystérieuses traces laissées dans le sable. Le petit n’était pourtant pas le sien : les chercheurs connaissent cette femelle, qui a perdu son propre petit il y a plusieurs années et qui a déjà été vue en train de porter les petits morts d’autres mères. Récompensée par le grand prix du concours et dans la catégorie « Comportement : mammifères », son image documente le rapport encore énigmatique des éléphants à la mort.
Grand Prix « Jeune Photographe »

Au ras du sol, un scarabée bousier lutte contre la poussière pour faire avancer sa précieuse boule. Oscar Whitfield, 14 ans, s’est allongé à sa hauteur pour saisir cette scène dans le parc national du Zambèze, au Zimbabwe. Derrière cette silhouette minuscule se cache un acteur essentiel des écosystèmes, capable de fertiliser les sols et de limiter parasites comme émissions de méthane. Cette composition vaut au Britannique le titre de Jeune Photographe de nature de l’année 2026.
Catégorie « Portraits d’animaux »

Derrière une fine feuille de varech, les ventouses trahissent d’abord la présence d’une pieuvre, avant qu’un œil n’apparaisse lentement. « Nous sommes restés parfaitement immobiles, nous regardant l’un l’autre avec une curiosité qui semblait partagée », raconte Aaron Sanders, qui plongeait au large des Cornouailles. Cette rencontre accompagne une hausse spectaculaire des observations de poulpes communs dans le sud-ouest de la Grande-Bretagne, possiblement favorisée par des eaux printanières plus chaudes que la moyenne.
Catégorie « Photojournalisme »

Accroché à une clôture comme un trophée, le corps d’un puma contraste brutalement avec les paysages balayés par les vents de Patagonie. Francisco Negroni a découvert cette scène au bord de la route 40, dans la province argentine de Santa Cruz : « C’était une vision que je n’avais encore jamais photographiée. » Malgré l’interdiction de la chasse au puma adoptée en 2025 dans la région, les abattages illégaux persistent sur fond de conflit avec les éleveurs.
Catégorie « Vue d’ensemble »

Vue du ciel, une canalisation trace une frontière nette au milieu du Grand Lac Salé, dans l’Utah. D’un côté, l’eau devenue rose révèle la prolifération de microbes dans une zone privée d’apports en eau douce et désormais très salée. Le photographe colombien Alex Visbal transforme ce contraste presque abstrait en témoin des bouleversements causés par l’industrie, les dérivations d’eau et le changement climatique. Depuis cette prise de vue, le secteur a été placé sous un régime de gestion de conservation.
Catégorie « Urban Wildlife »

Un varan malais traverse le parc Lumphini avec son repas, tandis que les gratte-ciel de Bangkok se dressent à l’arrière-plan. Pour placer ce « dragon urbain » au cœur de la ville, Seth Forestson s’est accroupi dans la boue et a attendu qu’il passe à l’action. L’image illustre l’étonnante adaptation de ces reptiles aux métropoles asiatiques, où ils profitent notamment des nombreux poissons peuplant les lacs artificiels.
Catégorie « Profondeurs »

Dans l’obscurité d’un récif japonais, une murène d’Abbott mâle rejoint les femelles cachées dans les crevasses pour entamer sa parade nuptiale. Depuis 2024, Tony Wu suit discrètement ces rencontres à l’aide d’une faible lumière rouge et d’un objectif fisheye adapté. « C’est probablement la première fois que la parade et le frai de cette espèce sont documentés », explique le photographe, dont les observations menées avec des biologistes contribuent désormais à la recherche scientifique.
Catégorie « Nature artistique »

Sur fond de bouleaux dénudés, une nuée de chardonnerets et de pinsons du Nord s’échappe d’un champ de tournesols à l’approche d’un épervier. Michal Michalski a choisi une vitesse d’obturation lente pour transformer leur envol en un mouvement presque pictural. Ce ballet automnal illustre aussi l’intérêt des groupes mêlant plusieurs espèces : davantage d’yeux surveillent les prédateurs, permettant aux autres oiseaux de se nourrir plus sereinement.
Catégorie « Plantes & Champignons »

Sous la lumière ultraviolette, les pieds jaune vif de ces mycènes semblent illuminer une bûche en décomposition sur les pentes du mont Olympe. Agorastos Papatsanis a multiplié les essais d’éclairage pour révéler toute la fluorescence de ces champignons appelés mycènes de Réna. Invisible directement pour l’œil humain, ce phénomène offre un spectacle inattendu et permet aussi aux spécialistes de différencier des espèces très proches grâce aux couleurs et aux motifs révélés par les UV.
Catégorie « Vue d’ensemble – Océans »

Les puissantes lumières d’un « bagan », une plateforme de pêche mobile, révèlent la silhouette d’un requin-baleine venu inspecter les filets à l’aube. Alex Lindbloom a saisi cette rencontre depuis un drone au large de la baie de Cenderawasih, en Indonésie. Si la présence régulière de ces géants attire désormais les touristes, l’image rappelle leur proximité risquée avec les activités humaines, alors que collisions, filets et pêche illégale accélèrent leur déclin dans la région indo-pacifique.
Catégorie « Comportement – Invertébrés »

À l’aube, ce scorpion disparaît sous les dunes du désert du Thar avant que la chaleur ne devienne insoutenable. Sitaram Raul a minutieusement réglé son temps d’exposition pour figer les grains de sable projetés par ses pinces en plein vol. L’animal possède également de longs poils rigides, surnommés « peignes à sable », qui agissent comme des raquettes et lui permettent de progresser sans s’enfoncer dans ce milieu mouvant.
Catégorie « Comportement – Oiseaux »

Dans le marais de Mabamba, en Ouganda, deux imposants becs-en-sabot du Nil arrachent méthodiquement des végétaux, probablement destinés à la construction de leur nid. « Je me suis senti extrêmement chanceux d’en apercevoir non pas un, mais deux », raconte Isak Pretorius, qui les a observés depuis un canoë. Cette rencontre est d’autant plus rare que moins de 5 300 individus adultes subsistent à l’état sauvage et que leur population continue de décliner.
Catégorie « Comportement – Amphibiens & Reptiles »

Agrippé à une plante aquatique, ce triton de Californie enlace ses pattes arrière autour de ses œufs pour les protéger des autres amphibiens. « Je n’avais jamais observé cette posture auparavant », confie Anton Sorokin, qui documente pourtant l’espèce chaque hiver. Le biologiste a dû avancer dans l’eau trouble et immerger délicatement son matériel pour saisir ce comportement parental, qui se prolonge jusqu’à ce que l’enveloppe gélatineuse de la couvée devienne suffisamment ferme.
Catégorie « Jeune photographe de nature »

Un simple smartphone a suffi à Amelie Davis pour figer le mouvement délicat des ailes d’un bourdon dans le jardin familial, en Angleterre. « N’ayant pas mon appareil photo, j’ai emprunté celui de mon père », raconte la jeune Britannique. Au-delà de la prouesse improvisée, son image invite à percevoir les fleurs comme les abeilles, dont la vision du bleu, du vert et de l’ultraviolet révèle des marques totalement invisibles à nos yeux.
Catégorie « Animaux dans leur environnement »

Au bord d’un point d’eau du parc national de Chyulu Hills, un jeune éléphant asperge les zèbres venus s’abreuver à ses côtés. Pour atténuer la lumière très dure du Kenya, James Lewin a utilisé un appareil converti à l’infrarouge, donnant à la scène son atmosphère presque irréelle. Derrière ce geste espiègle se joue un équilibre essentiel : en période de sécheresse, ces marigots réunissent des espèces qui profitent de la présence protectrice des éléphants tout en leur disputant l’accès à l’eau.
Catégorie « 15-17 ans »

Perché au-dessus d’un vignoble allemand, ce merle mâle lance son chant dans la lumière d’un matin d’avril. Le jeune ornithologue Konrad Gräeter, âgé de 17 ans, s’est accroupi sur la pente pour cadrer l’oiseau à travers une ouverture dans le feuillage. À l’aube, ses vocalises atteignent leur plus grande complexité : au printemps, elles servent à délimiter son territoire tout en attirant une partenaire.
Catégorie « Reportage photojournalisme »

La silhouette d’un coyote se découpe sur les lumières de San Francisco, comme si la ville faisait désormais partie de son territoire naturel. Installé dans le Bernal Heights Park, le piège photographique de Loren Elliott révèle la présence discrète d’une meute au milieu des promeneurs et de leurs chiens. Lauréat du prix du reportage photojournalistique, l’Américain documente ainsi la cohabitation parfois tendue entre 800 000 habitants et une centaine de coyotes urbains.
Catégorie « Étoile montante Portfolio »

Sous l’objectif d’Alexis Tinker-Tsavalas, une scène de prédation presque invisible prend des allures de film fantastique. Une mouche asilide vient de transpercer sa proie pour lui injecter des enzymes qui liquéfient ses tissus, faisant apparaître d’étranges bulles dans ses yeux. Grâce au « focus stacking », qui assemble plusieurs prises de vue réalisées à différentes mises au point, le jeune Allemand révèle avec une précision saisissante ce monde miniature habituellement ignoré.
Catégorie « Portfolio »

Ces étranges sphères hérissées ne mesurent qu’un à deux millimètres et se cachent sur le bois humide des forêts anglaises. Photographiées par Kutub Uddin pour sa série « Secret Worlds », elles appartiennent à un myxomycète, une communauté d’organismes unicellulaires capables de se rassembler pour se nourrir et se reproduire. Leurs fins filaments, appelés « capillitium », participeront ensuite à la dispersion des spores, donnant à ce monde microscopique son allure surréaliste.
