À Stuttgart, dans le quartier de Stammheim, une maison vide a changé de visage. L’artiste français The Wa y a peint une fresque baptisée « A Kid Could Do It » (« Un enfant peut le faire »), visible au 3 Aspergerstraße. Traits épais, couleurs franches, fenêtres redessinées en exagéré : tout semble sortir du cahier de dessin d’un enfant de six ans.
Le bâtiment lui a été confié dans le cadre du PFFFestival, qui transforme depuis 2022 l’espace urbain de Stuttgart en galerie à ciel ouvert, avec une vingtaine de fresques grand format réparties dans onze quartiers. Une activation terrain qui traite le bâti délaissé comme une ressource plutôt que comme un problème.
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Une seule règle : dessiner sans filtre
The Wa s’est imposé une consigne unique, suivre la logique créative d’un enfant sans jamais la corriger. Pas de recherche de composition, pas de lignes nettes, pas de hiérarchie entre les éléments. Façade et toiture y passent, dans des gestes larges qui viennent bousculer la géométrie très ordonnée de la rue autour.
Le désapprentissage comme dispositif créatif
L’idée est plus retorse qu’elle n’y paraît. Peindre mal quand on sait peindre demande un vrai effort de désapprentissage, et c’est exactement ce que le titre met en jeu. En reprenant à son compte le fameux « un enfant pourrait en faire autant » adressé à l’art contemporain, The Wa retourne la critique et en fait sa méthode de travail.
Une série née sur le Mur de l’Atlantique
Car « A Kid Could Do It » ne commence pas à Stuttgart. The Wa a lancé cette série de peintures avec sa mère, le long du Mur de l’Atlantique, sur des vestiges de béton chargés d’histoire militaire. Passer de ces blockhaus à une maison de quartier allemande change l’échelle et le décor, mais pas la règle du jeu. Photos : Sven Weber et Martin Mannweiler. Vous pouvez découvrir l’univers de The Wa sur son compte Instagram.
Là où The Wa imite le geste enfantin, d’autres préfèrent partir des dessins eux-mêmes. Au Cambodge, le designer Taekhan Yun a demandé à des élèves de Siem Reap de dessiner leur chaise idéale avant de transformer ces dessins d’enfants en vraies chaises en bois. L’un simule la spontanéité, l’autre la prend au mot.















