Un Donald Trump nu, doré et installé sur les épaules d’un homme frêle trône temporairement au Parlement européen de Strasbourg. Baptisée La Peste orange, cette statue satirique de 2,6 mètres a été créée par l’artiste danois Jens Galschiøt.
Le président américain y tient une balance dans une main et un club de golf dans l’autre, près d’une balle représentant le globe terrestre. Sur le socle, une déclaration attribuée au « Roi de l’injustice » résume la scène : « Je suis assis sur le dos d’un homme. Il s’enfonce sous mon fardeau. Je ferai tout pour l’aider. Sauf descendre de son dos. »
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Une satire habillée d’or
Réalisée en cuivre, la sculpture est recouverte de feuilles d’or 23 carats. Cette finition volontairement ostentatoire contraste avec la nudité de Donald Trump et renvoie au conte Les Habits neufs de l’empereur de Hans Christian Andersen. Dans cette histoire, un souverain vaniteux parade sans vêtements tout en refusant de voir la réalité.

Les accessoires prolongent la critique. La balance évoque le pouvoir de définir ce qui serait juste, tandis que le club transforme le monde en balle de golf. Jens Galschiøt présente son œuvre comme une dénonciation des positions de Donald Trump sur le climat, mais aussi de son influence sur l’ordre international et les valeurs démocratiques.
La Peste orange reprend par ailleurs la composition d’une précédente sculpture de l’artiste, Survival of the Fattest. Celle-ci représentait une femme corpulente portée par un garçon maigre afin de matérialiser les inégalités dans la consommation des ressources. Donald Trump occupe désormais la place du personnage dominant, sans modifier le rapport de force visible entre les deux corps.

Une protestation qui entre au Parlement
La présence de l’œuvre à Strasbourg ne constitue pas une prise de position officielle de l’Union européenne. L’exposition a été proposée par l’eurodéputé danois Per Clausen, membre du groupe de La Gauche, puis autorisée selon les règles administratives du Parlement. La sculpture reste visible jusqu’au jeudi 8 octobre dans un passage reliant deux bâtiments de l’institution.

Le projet ne se limite pas à cette imposante version dorée. Des reproductions miniatures imprimées en 3D sont distribuées comme des objets de protestation, tandis que leurs fichiers de fabrication sont mis gratuitement à disposition. Le public peut ainsi repartir avec une version réduite du « Roi de l’injustice » ou en produire une à son tour.

Déjà exposée lors de la COP30 au Brésil, de manifestations organisées à Copenhague et de la Conférence de Munich sur la sécurité, la statue doit poursuivre son parcours jusqu’à la COP31, prévue à Antalya en novembre 2026. Une tournée internationale qui transforme cette caricature monumentale en symbole itinérant de contestation.
Jens Galschiøt n’est pas le seul à transformer Donald Trump en personnage monumental pour mieux écorner son image. À Washington, le collectif anonyme The Secret Handshake puise plutôt dans le cinéma avec une statue de Trump et Jeffrey Epstein rejouant la scène culte de Titanic, autre satire politique où une icône populaire sert à questionner les liens entre pouvoir et controverses publiques.




