Un iceberg pour plongeoir, l’Atlantique Nord pour bassin. Au large de Twillingate, à Terre-Neuve-et-Labrador, la Canadienne Molly Carlson a réalisé un salto arrière depuis environ 15 mètres de hauteur. Avec ce projet porté par Red Bull Canada, elle devient la première femme à plonger depuis un iceberg.
L’idée paraît simple à regarder : rejoindre le sommet, s’avancer au bord et sauter. Mais ici, la plateforme dérive, craque et peut basculer. Pour concrétiser le Red Bull Iceberg Dive, la plongeuse a dû apprendre à escalader la glace auprès de Will Gadd, spécialiste de la discipline et partenaire indispensable de l’expédition.
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Trouver un plongeoir qui bouge
Avant de rejoindre l’océan, Carlson s’est entraînée à Canmore, en Alberta. Habituée à répéter ses figures, elle a découvert les crampons, les cordes et les outils d’escalade. Gadd lui a enseigné les gestes nécessaires pour progresser sur une paroi gelée, tout en l’aidant à comprendre les risques de cet environnement.
À Terre-Neuve, il a ensuite fallu chercher pendant plusieurs jours un iceberg réunissant les bonnes conditions : hauteur adaptée, profondeur d’eau suffisante et voie d’ascension praticable. Ocean Quest apportait son expertise des icebergs, Crosby Marine assurait le soutien maritime et la logistique, tandis que la Garde côtière canadienne contribuait aux procédures de sécurité et de communication.
Le déclic est venu d’un iceberg d’abord écarté par l’équipe. En se retournant, il a révélé une configuration permettant d’envisager le plongeon. Gadd a ouvert la voie et transporté jusqu’au sommet une petite plateforme en bois qu’il avait fabriquée dans son garage. Ce détail très artisanal donnait à Carlson un point de départ aménagé au-dessus de l’océan.

Une ascension avant le grand saut
Une fois au sommet, Carlson a retiré son équipement d’escalade pour retrouver les gestes de son sport. Sous ses pieds, la glace continuait de bouger. Elle a attendu le bon moment, puis exécuté son salto arrière avant d’entrer dans l’eau glacée. À la remontée, sa priorité a été de s’éloigner de l’iceberg. L’expédition ne s’est achevée qu’après le retour de Gadd à bord du bateau.

Pour Carlson, qui parle ouvertement de son anxiété, ce relief avait aussi une portée personnelle : sa partie immergée évoquait les difficultés que chacun peut dissimuler aux autres. Cette lecture accompagne une performance dont le décor était lui-même éphémère. Le lendemain, l’équipe a constaté que l’iceberg s’était fracturé, laissant derrière lui des fragments à la dérive.

Faire d’un relief inattendu un terrain de sport : l’idée traverse aussi les villes. À Porto Alegre, Red Bull a transformé la façade d’un immeuble en rampe de skate de 85 mètres pour Sandro Dias. Les courbes du bâtiment inspiraient déjà une blague aux habitants ; la marque leur a donné une tout autre dimension en y faisant réellement descendre un skateur.





