On dirait un bijou géant qui aurait quitté sa vitrine pour se glisser dans la ville. À New York, le duo Plastique Fantastique a installé sur la High Line deux boucles dorées entrelacées, autour desquelles les promeneurs pouvaient circuler, et même passer dessous. Baptisée auruBOROS: Urban Memory and Collective Dream, cette sculpture de 30 mètres de long avait une particularité invisible au premier regard : elle tenait entièrement grâce à l’air.
Présentée du 10 au 20 septembre 2026, pendant la Fashion Week new-yorkaise, l’installation était une commande de Bulgari. Sa surface miroir reflétait les bâtiments, la végétation et les visiteurs du parc surélevé. Plutôt qu’un objet à contempler de loin, les artistes ont ainsi imaginé une forme à traverser, dont l’apparence changeait avec la lumière, la météo et les déplacements du public.
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Un volume monumental, une enveloppe gonflable
Pour obtenir cet effet de métal précieux, Marco Canevacci et Yena Young, les deux artistes de Plastique Fantastique, ont utilisé du polyuréthane thermoplastique à finition miroir dorée. Des ventilateurs maintenaient le volume gonflé. L’ensemble mesurait 30 mètres de long pour 10 mètres de large et de haut : une présence imposante, produite avec une enveloppe légère plutôt qu’une masse de métal.
Les deux boucles s’élevaient depuis l’hôtel The Standard et se faufilaient dans le parc. Leur surface renvoyait des fragments de ville mêlés aux silhouettes des passants. Selon l’endroit où l’on se plaçait, le décor entrait dans la sculpture, tandis que ses courbes semblaient prolonger l’architecture environnante.

Un serpent ouvert sur la ville
Le nom auruBOROS associe aurum, le mot latin pour l’or, à l’ouroboros, ce serpent qui se mord la queue. Mais les artistes ont ouvert le cercle traditionnel pour laisser le corps serpenter dans l’espace urbain. Le motif rejoint aussi celui du serpent, présent dans les créations de Bulgari : cette commande constitue le premier projet d’art public de la maison aux États-Unis et un nouveau chapitre de sa série Serpenti Infinito.

Le contraste est au cœur de la proposition : ce qui paraît solide et précieux est en réalité gonflable, fragile et temporaire. Pour Plastique Fantastique, l’air est autant un matériau qu’une manière de penser ce que les visiteurs partagent en occupant un même lieu. Vous pouvez découvrir l’univers de ce duo d’artistes en vous rendant sur leur compte Instagram.

L’œuvre ne cherchait donc pas seulement à transformer le paysage. Avec ses reflets où chacun apparaissait aux côtés d’inconnus, elle donnait une forme visible à une rencontre passagère. Une fois l’installation démontée, les artistes souhaitaient laisser le souvenir de ce moment partagé.

Sur la High Line, Plastique Fantastique transforme un lieu de passage en expérience à partager. En Chine, c’est une infrastructure bien plus vertigineuse qui invite à s’arrêter : le café suspendu du plus haut pont du monde , aménagé sur le Huajiang Grand Canyon Bridge, fait d’une simple pause un tête-à-tête avec les montagnes du Guizhou.





