On connaît les rencontres entre foot et pop culture, mais rarement avec ce niveau d’artisanat. Derrière le compte Instagram @sijenesuispasla, un créateur recycle depuis cinq ans des maillots mythiques pour y greffer un Pokémon. Le principe tient en une ligne : un maillot, une taille, un Pokémon, et un seul exemplaire à chaque fois.

Ancien directeur artistique chez Tealer, il a quitté la mode pour assembler ses trois obsessions : le foot, la sape et Pokémon. Né en 1990, il a grandi avec la première génération, gardé toutes ses cartes et poncé les jeux. Ses customs naissent de ce terreau nostalgique, cousus main, loin des productions de masse vendues sur Alibaba.

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Le maillot d’abord, le Pokémon ensuite

Son processus créatif part toujours du textile. C’est la couleur du maillot qui appelle le Pokémon : du rouge pour Dracaufeu, du jaune pour les électriques, du Noctali sur les rares pièces sombres. Il dessine ensuite le patch, fait broder le visuel, puis floque le nom dans le dos comme un vrai joueur. Chaque maillot reste unique, jamais reproduit à l’identique.

Du rétro Nike aux maillots japonais déjantés

La matière prime sur tout. Il chine surtout sur Vinted des maillots Nike rétros, ces vieux modèles team sport au logo seul sur le cœur, plus solides que les coupes actuelles. Il guette aussi les maillots japonais ou thaïlandais, saturés de logos, qu’il trouve plus inspirants. Le poids et le toucher d’un vrai maillot font toute la différence à ses yeux.

Quand le Pokémon se met à jouer au foot

L’angle est là : il ne plaque pas un personnage au hasard, il lui invente un rôle. Un Voltali fougueux sur un maillot du Brésil devient Voltalinho, dribbleur électrique. Un Rattatac atterrit sur un maillot de Paris, clin d’œil à la ville et à ses rats. Le casting détourne les codes du foot avec une vraie logique narrative, presque un récit cousu sur le tissu.

Une pièce qui se collectionne comme une carte

Vendus entre 90 et 100 euros, ces maillots se revendent parfois plus cher, exactement comme une carte Pokémon rare. Le parallèle amuse leur créateur, attaché au matériel à l’heure du tout dématérialisé. Posséder le seul maillot Dracaufeu au monde, face aux centaines de milliers de répliques d’un grand club, c’est précisément ce qui fait sa valeur.

Porter son Pokémon préféré ne s’arrête pas au maillot. Dans un tout autre budget, la franchise japonaise s’invite cette fois au doigt avec des bagues de fiançailles signées par le joaillier U-Treasure, personnalisables parmi plus de trente modèles et facturées à partir de 2 000 euros. Le clin d’œil geek y devient promesse d’engagement.