Ce jeudi 18 juin, à Briançon, le Cojop a levé le voile sur les emblèmes des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver Alpes 2030. Un triangle réduit à l’essentiel, traversé par des rais de lumière qui dessinent une montagne au lever du soleil. Le tout décliné dans un dégradé de bleu azur et de rouge alpenglow, ces teintes que prennent les sommets quand la lumière rasante vient les réchauffer.

Mais l’idée la plus maline ne se loge pas dans le logo olympique. Elle se trouve dans la façon dont les graphistes ont fabriqué son pendant paralympique : le signe n’est pas un second logo dessiné à part, c’est exactement le même, simplement inversé.

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L’astuce graphique qui change tout

Le principe est simple. Là où l’emblème olympique montre une montagne formée par la lumière, l’emblème paralympique en est la contre-forme, le négatif délimité par les rayons du soleil. Les deux versions s’imbriquent parfaitement, comme les deux faces d’une même construction. Pour la première fois dans l’histoire des Jeux, les organisateurs revendiquent deux logos pensés comme complémentaires plutôt que comme deux objets distincts.

Une seule matrice, deux signes

Ce choix tranche avec celui de Paris 2024, qui avait opté pour un emblème strictement identique entre Olympiques et Paralympiques. Alpes 2030 préfère deux signes différents mais issus de la même matrice géométrique, ce qui permet de donner une identité propre au paralympisme sans le reléguer au rang de simple variante. Sur le plan de la stratégie de marque, l’économie de moyens est élégante : un seul système graphique, une seule grammaire visuelle, deux applications.

Ce que raconte l’inversion

Reste une question que l’astuce ne tranche pas vraiment. Faire du logo paralympique le négatif du logo olympique, c’est séduisant systémiquement, mais symboliquement plus discutable, puisque les Jeux Paralympiques ne sont pas le négatif des Jeux Olympiques.

C’est précisément sur ce terrain que le Cojop place sa défense. Pour Edgar Grospiron, les deux emblèmes ont été pensés comme « les expressions complémentaires d’une même vision », avec l’ambition de « donner la même place, la même force et la même visibilité à l’olympisme et au paralympisme ». L’intention est claire, et c’est tout l’enjeu d’une identité visuelle de cette ampleur, où chaque détail de construction finit par porter un message.

Côté crédits, l’emblème a été conçu sous la direction de Mathieu Sakkas, directeur de la marque et de l’image du Cojop, qui revendique des références allant de James Turrell à Pierre Soulages et une typographie verticale, en italique et anti-italique, censée évoquer les lignes de glisse et de slalom. Quant au studio derrière l’exécution, les créateurs ne sont pas censés communiquer, mais selon Graphéine, il s’agirait de l’agence Saint-Lazare. Une signature réputée pour son élégance discrète, qu’il sera intéressant de voir confrontée à un événement sportif aussi populaire que les Jeux d’hiver.