L’idée en un clin d’œil

  • Women’s March WIN lance “Dear ICE Agents: What Will You Say?” une campagne diffusée dans plusieurs villes pour interpeller directement les recrues de l’ICE sur leur responsabilité morale.
  • Le film montre une fillette questionnant son père agent, alternant avec des images d’arrestations, pour faire naître la culpabilité plutôt que répondre aux arguments financiers du recrutement.
  • Diffusée en télévision et en streaming dans des zones ciblées, l’opération cherche à semer le doute chez les agents et à déplacer le débat sur le terrain de la conscience.

Alors que l’administration Trump intensifie le recrutement pour mener ce qu’elle présente comme la plus vaste opération d’expulsions de l’histoire américaine, une organisation féministe choisit une stratégie radicalement différente. Plutôt que de manifester ou d’attaquer en justice, Women’s March WIN s’adresse directement aux futurs recrues de l’ICE avec une question intime : comment justifier leur travail à leurs propres enfants ?

Dotée d’un budget de 50 000 dollars, la campagne télé et digitale intitulée “Dear ICE Agents: What Will You Say?” est diffusée à Charlotte, Chicago et West Palm Beach, des territoires où les opérations de l’Immigration and Customs Enforcement sont particulièrement visibles. L’objectif n’est pas de convaincre l’opinion publique, mais de semer le doute chez ceux qui portent, ou envisagent de porter l’uniforme.

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La culpabilité plutôt que le patriotisme

Face aux primes à la signature pouvant atteindre 50 000 dollars, aux promesses d’effacement de prêts étudiants et aux budgets fédéraux massifs alloués au renforcement des expulsions, Women’s March WIN choisit de ne pas parler d’argent. Le spot mise sur la conscience.

On y voit une fillette demander à son père, agent de l’ICE, comment s’est passée sa journée. Les images basculent ensuite vers des arrestations, des vitres brisées, des familles menottées et des enfants en pleurs. Une voix-off martèle qu’aucun masque ne peut cacher un agent à ses voisins, à ses enfants ou à Dieu, et qu’il est encore possible de “partir avant que la honte ne le suive jusque chez lui”.

Un message ciblé, ville par ville

Les films sont diffusés sur des chaînes nationales comme MSNBC, CNN et Fox News dans des zones stratégiques, notamment près de Mar-a-Lago en Floride. À Chicago, ils apparaissent sur des plateformes comme Hulu et Peacock. Le ciblage est précis : atteindre ceux qui pourraient être tentés par la campagne de recrutement.

Rachel O’Leary Carmona, directrice exécutive de Women’s March WIN, explique vouloir parler aux agents comme à des parents, des frères, des fils qui rentrent chez eux après une journée d’arrestations. Le mot d’ordre est clair : “Walk away.” Quitter. Refuser de coopérer. Choisir la conscience plutôt que la complicité.

Déplacer le champ de bataille

Depuis des mois, des organisations de défense des droits des immigrés contestent les opérations de l’ICE devant les tribunaux et dans la rue. Cette campagne marque un glissement stratégique : déplacer la bataille sur le terrain moral et psychologique.

Alors que l’agence cherche à élargir massivement ses effectifs, Women’s March WIN tente d’introduire un doute dans l’esprit même des recrues. Une publicité qui ne vend rien, mais qui pose une question simple et redoutable : que direz-vous quand votre enfant vous demandera comment s’est passée votre journée ?

Et tandis que nombre de personnes subissent cette période trouble sur le territoire des États-Unis, souvenons-nous de cette œuvre géniale, élue « meilleure idée design de 2020 » : la balançoire qui traverse le « mur de Trump ».

« Que direz-vous quand elle vous demandera
comment s’est passée votre journée ? »
« Que direz-vous ? »