À l’occasion de la sortie de Heart of the Beast, distribué par Paramount Pictures, l’artiste Saype a réalisé une fresque éphémère de 2 000 m² dans la vallée du Beaufortain. Peinte directement sur un pâturage, l’œuvre représente une main humaine et une patte de chien qui se rejoignent au milieu des Alpes.

Cette rencontre monumentale reprend le lien au cœur du film, celui qui unit James Belmont, interprété par Brad Pitt, à son chien Odin. Visible dans son ensemble depuis les airs, la composition transforme cette complicité en une image immédiate, quelques jours avant la sortie française du long-métrage, prévue le 23 septembre 2026.

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Une poignée de main entre deux espèces

Pour réaliser cette fresque dans les Alpes, Saype a travaillé à même l’herbe avec sa peinture biodégradable. Depuis le sol, le dessin apparaît par fragments. Il faut prendre de la hauteur pour distinguer les doigts de la main, les coussinets de la patte et le geste qui les rapproche.

Ce changement de point de vue fait partie intégrante du travail de l’artiste. Ses créations s’inscrivent dans le paysage, mais elles sont pensées pour être révélées par la photographie et la vidéo aériennes. La montagne devient ainsi le support physique de l’œuvre, tandis que les images prises depuis le ciel permettent au symbole de circuler bien au-delà du Beaufortain.

Le langage de Saype adapté au film

De son vrai nom Guillaume Legros, Saype développe depuis 2019 le projet Beyond Walls, une série de fresques montrant de grandes mains qui s’agrippent ou s’entrelacent. L’artiste utilise ce geste comme un symbole d’entraide et de solidarité, qu’il déploie dans différents paysages à travers le monde.

« Le lien entre l’homme et le vivant traverse mon travail depuis plusieurs années. Avec cette fresque, j’ai voulu l’incarner dans une image simple : pour la première fois, ce n’est pas une autre main qui vient à la rencontre de celle de l’homme, mais la patte de son meilleur ami. Inspirée par James et Odin dans Heart of the Beast, cette œuvre raconte la rencontre entre deux êtres qui n’ont pas les mêmes mots, mais qui apprennent à se comprendre, à se faire confiance, et parfois à se sauver. »

Saype

Pour Heart of the Beast, il reprend ce vocabulaire visuel en remplaçant l’une des mains par une patte. Le rapprochement ne raconte donc plus seulement une relation entre humains, mais celle d’un homme et de son chien. Une façon simple de prolonger l’histoire de James et Odin, contraints de survivre ensemble dans la nature sauvage de l’Alaska après un crash d’avion.

Une fresque destinée à disparaître

Comme les autres peintures sur herbe de Saype, l’œuvre doit progressivement s’effacer sous l’effet de la pousse et des conditions naturelles. Sa présence dans le paysage ne durera que quelques semaines, sans laisser de trace permanente sur le pâturage.

Ce caractère temporaire contraste avec les dimensions de la fresque. La main et la patte occupent 2 000 m², mais leur rencontre reste provisoire. Le dispositif donne ainsi une forme monumentale à une relation intime, sans transformer durablement la montagne en support publicitaire.

Ce n’est pas la première fois que Paramount transforme un sommet en écran de cinéma. Pour les 30 ans de Scream, le studio a confié les pentes des Arcs 2000 à Simon Beck, autre spécialiste du land art éphémère. Là où Saype peint l’herbe, l’artiste britannique a fait surgir un Ghostface géant en marchant dans la neige, avec pour seuls outils ses raquettes et une boussole.

Bande annonce de Heart of the Beast