L’idée en un clin d’œil
- Alison Luchs, conservatrice de 77 ans à la National Gallery of Art, est devenue virale en décrivant des œuvres anciennes avec le vocabulaire des jeunes générations.
- Ses vidéos mêlant rigueur académique et expressions issues des réseaux sociaux cumulent des millions de vues et rendent l’art plus accessible.
- L’initiative, pensée avec l’équipe numérique du musée, montre que changer le langage peut rapprocher les générations sans sacrifier la crédibilité.
Dans un musée, on s’attend à entendre parler de siècles, de techniques anciennes et de chefs-d’œuvre intemporels. Pas forcément à entendre une spécialiste qualifier une urne du XVIe siècle de “GOATESQUE”.
Et pourtant, c’est exactement ce qui se passe à la National Gallery of Art à Washington. Alison Luchs, 77 ans, conservatrice adjointe du département sculpture et arts décoratifs, est devenue une véritable sensation en ligne après avoir présenté des œuvres d’art en utilisant le langage des jeunes générations. Une rencontre inattendue entre histoire de l’art et culture numérique.
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Quand l’histoire de l’art adopte le vocabulaire des réseaux
Dans les vidéos publiées sur les réseaux du musée, Alison Luchs s’adresse directement aux spectateurs et décrit des objets anciens avec des expressions populaires sur internet. Une urne florentine devient “GOATESQUE”, une sculpture en bronze d’une femme datant des années 1610 “farm de l’aura”, et certaines pièces “ont une bonne vibe”.
Le contraste entre son ton calme, sa posture académique et les mots qu’elle emploie crée un effet aussi surprenant que captivant. On ne se moque pas de l’art, on ne le simplifie pas non plus. On le regarde autrement.
Les vidéos sont rapidement devenues virales, accompagnées de commentaires amusés mais aussi admiratifs. Beaucoup saluent une approche rafraîchissante qui rend les œuvres plus accessibles sans en diminuer la richesse.
Our curators said these girlies are YOKED. Chat, pause your Heated Rivalry rewatch and peep this rivalry instead. 👀
— National Gallery of Art (@ngadc) February 18, 2026
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Une démarche pensée pour rapprocher les générations
Cette initiative ne relève pas du hasard. L’équipe numérique du musée cherchait une manière de rendre la collection moins intimidante pour les jeunes publics. Le choix d’utiliser un vocabulaire contemporain s’inscrit dans cette volonté d’ouvrir les portes de l’institution.
Avant de tourner les vidéos, Alison Luchs a pris le temps de se familiariser avec ces expressions, d’en comprendre le sens et de travailler leur prononciation. Une démarche presque linguistique, qu’elle a abordée comme l’apprentissage d’une nouvelle langue. Le résultat montre qu’il est possible de parler d’art ancien avec des mots d’aujourd’hui, sans jamais perdre la précision historique ni la crédibilité scientifique.
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— National Gallery of Art (@ngadc) January 15, 2026
Quand l’humour devient un outil de transmission
Avec près de cinquante ans de carrière consacrés à l’étude de l’art européen, Alison Luchs n’avait jamais envisagé de devenir une figure virale. Pourtant, son naturel et son sérieux ont transformé ces vidéos en véritable phénomène.
Ses collègues l’ont même surnommée “The Museum Rizzler”, un clin d’œil à son charisme inattendu sur les réseaux. Preuve que son aisance à naviguer entre tradition et modernité a su séduire bien au-delà des amateurs d’art.
En réinterprétant des objets anciens avec un clin d’œil, elle rappelle une chose essentielle : l’histoire de l’art n’est pas réservée à une élite. Elle peut parler à tout le monde, à condition de trouver le bon langage.
Dans un registre tout aussi inattendu, (re)découvrez comment le président de Burger King partage son numéro pour écouter directement les retours de ses clients.
Our curators are lowkey rizzlers. So they teamed up with our intern to make this video. pic.twitter.com/5SFyexRO7y
— National Gallery of Art (@ngadc) December 19, 2025








