L’idée en un clin d’œil
- adidas dévoile le premier teaser de sa campagne Coupe du monde 2026 sous la forme d’une bande-annonce de blockbuster hollywoodien
- La vidéo, postée par Timothée Chalamet sur Instagram, réunit Messi, Zidane, Beckham, Yamal, Bellingham, Bad Bunny et une vingtaine d’autres figures
- Avec ce dispositif, adidas applique au football la grammaire des univers étendus pour transformer le Mondial 2026 en franchise pop culture
À quelques mois du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, adidas vient de dévoiler le premier teaser de sa grande campagne mondiale. Et plutôt qu’une publicité de plus dans le calendrier déjà saturé du football, la marque allemande choisit le format de la bande-annonce de film, avec une logique de casting digne d’un blockbuster hollywoodien.
La vidéo, postée sans préavis sur le compte Instagram de Timothée Chalamet, réunit dans un même imaginaire Lionel Messi, Zinedine Zidane, David Beckham, Lamine Yamal, Jude Bellingham, Bad Bunny et une vingtaine d’autres figures du football et de la pop culture. L’acteur y joue un personnage de recruteur obsessionnel qui sillonne des terrains de foot urbains pour rassembler son équipe de rêve, avec Bad Bunny en guide local.
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Une logique de casting pensée comme un film d’auteur
Tout, dans ce teaser, emprunte au cinéma plutôt qu’au sport. Coupes nerveuses, lumières urbaines, ambiance volontairement chaotique : l’esthétique évoque le style de Josh Safdie, et plus précisément l’univers de Marty Supreme, dans lequel Chalamet tient justement le premier rôle. Le ressort comique tient d’ailleurs à une disproportion absurde : convoquer Messi, Zidane et Beckham pour battre une équipe locale invaincue depuis 1996. adidas ne filme pas une campagne, la marque met en scène un casting comme on lance une saga.
Le choix de Chalamet n’est pas anecdotique. En posant l’acteur le plus bankable de sa génération en figure centrale d’une campagne de football, adidas envoie un signal clair : la Coupe du monde 2026 ne s’adresse plus seulement aux fans de foot, mais à un public global, jeune, biberonné aux franchises Marvel et aux drops culturels. La légende du post Instagram, « TMRW / MY SOCC- FOOTBALL DREAMS COME TRUE !! », joue d’ailleurs avec humour sur la différence entre soccer et football, dans un clin d’œil à l’organisation du tournoi aux États-Unis, au Canada et au Mexique.
Un crossover façon Avengers pour une Coupe du monde XXL
Au casting, adidas a sorti l’artillerie lourde. Côté légendes, on retrouve Zinedine Zidane, David Beckham et Alessandro Del Piero. Côté stars actuelles, Messi, Bellingham, Dembélé, Pedri, Raphinha, Wirtz et Santiago Giménez. Le football féminin est représenté par Trinity Rodman et Aitana Bonmatí. La nouvelle génération est incarnée par Lamine Yamal. Et la bascule pop culture est assurée par Bad Bunny et Chalamet, deux poids lourds capables de faire bouger l’aiguille au-delà du public sportif.
Cette logique de casting se prolonge d’ailleurs jusque dans le merchandising. adidas a dévoilé une série de maillots floqués au nom de chaque membre, alignés sur un même portant comme un vestiaire de rêve. Chalamet hérite d’un maillot violet numéro 26, en référence à l’année du Mondial. Bad Bunny récupère un rouge floqué 94, son année de naissance. Deux non-footballeurs traités exactement comme Messi, Bellingham ou Lamine Yamal, ce qui signe la bascule définitive du foot vers la pop culture globale.
Quand la pub football pense comme une franchise
Ce que fait vraiment Adidas avec ce teaser, c’est appliquer au football la grammaire des univers étendus. La marque ne dévoile pas un film, elle ouvre une saga, avec un premier épisode mystérieux, un casting qui se révèle au compte-gouttes et une promesse de suite imminente. Les marques sportives ont déjà flirté avec ce registre, mais rarement avec une telle cohérence narrative et un tel niveau de production cinématographique.
Pour les communicants, l’enseignement est clair. Sur un événement aussi sur-sollicité qu’une Coupe du monde, il ne suffit plus de signer le maillot, il faut produire un récit suffisamment puissant pour exister à côté de la compétition elle-même. Adidas ne se contente pas d’accompagner le Mondial 2026, la marque essaie d’en devenir l’un des produits culturels parallèles, au même titre que la cérémonie d’ouverture ou l’hymne officiel. Et ça, c’est un changement de braquet intéressant pour toute l’industrie de la communication sportive.
Là où ce nouveau teaser pousse le foot vers le blockbuster hollywoodien, adidas avait déjà prouvé en début d’année qu’une bonne pub sportive pouvait faire l’inverse et tout miser sur l’épure, avec un spot où Paul Pogba et Ousmane Dembélé se transforment en vendeurs de crampons au téléphone. Deux registres opposés, une même obsession du casting bien écrit.








