Samedi, au DHL Stadium de Cape Town, les 55 000 spectateurs ont vu deux Embraer d’Airlink franchir le toit de l’enceinte juste avant le coup d’envoi du deuxième test entre l’Afrique du Sud et la Nouvelle-Zélande. L’un vert Springbok, l’autre noir All Blacks, en formation serrée.

Les images ont fait le tour du monde en quelques heures, reprises par les JT internationaux et démultipliées par les vidéos de spectateurs. Un moment d’earned media rare pour une compagnie régionale, aussitôt suivi d’un débat sur la sécurité qui, lui, n’était pas au programme.

Découvrez
l'agence créative
de Creapills.

Stratégie, création, production : nous accompagnons les marques en quête de créativité. UNIQLO, Hasbro, Paramount, Crédit Agricole et plus de 100 autres nous font confiance.

Découvrez nos campagnes

Deux avions, deux maillots

L’idée tient dans une image simple : faire voler la rivalité plutôt que la raconter. Airlink a repeint un E190 (ZS-YAE) en vert et un E195 (ZS-YDE) en noir, aux couleurs des deux sélections. La livrée verte a demandé 29 jours de travail à Polokwane Gateway International Airport, soit 60 litres de peinture en trois couches.

Quatorze mètres, et pas un de plus

Flightradar24 a reconstitué le passage : 50 pieds relevés en ADS-B, soit 205 à 210 pieds une fois la pression corrigée, pour un stade culminant à 164 pieds. Il reste 41 à 46 pieds de marge, environ 14 mètres, à 150 nœuds. Le second appareil a traversé le nuage de fumée rose tiré depuis le toit.

Un sponsoring que personne ne peut zapper

C’est là que le dispositif créatif devient malin. Airlink est devenu transporteur officiel de la tournée en juin, a dévoilé ses livrées en juillet et a gardé Cape Town comme point d’orgue. Une activation terrain visible depuis les tribunes, la diffusion télé et les réseaux, sans acheter le moindre panneau.

Le revers du spectaculaire

Le marketing expérientiel a un coût dès qu’il touche à la sécurité. Chris Martinus, président de l’AOPA Afrique du Sud, juge la manœuvre inconfortable faute d’options à cette altitude. Le consultant Keith Tonkin alerte surtout sur le précédent créé pour d’autres marques tentées de surenchérir.

Une tradition sud-africaine poussée à la limite

Le survol de stade appartient au folklore local depuis le 747 de la finale 1995, et le DHL Stadium avait déjà accueilli un 777 de Qatar Airways en juin 2025 sans polémique. Airlink, qui défend un vol répété et validé par la SACAA et l’ATNS avec trois commandants de bord par appareil, a transmis ses données de vol au régulateur.

Le survol de stade n’est pas la seule façon pour une compagnie aérienne de s’inviter sur la pelouse. Avant le Clasico entre le Real Madrid et le FC Barcelone, Emirates avait opté pour une version nettement moins risquée du même réflexe, en faisant livrer le ballon du coup d’envoi par un drone en forme d’avion quelques secondes avant l’engagement.