Pour lancer son deuxième parfum, Rare Beauty a choisi de ne pas expliquer son jus. La marque de Selena Gomez a installé à New York un rollerball géant, réplique surdimensionnée de ces flacons à bille que les passants connaissent déjà, en libre accès les 8 et 9 août. On s’approche, on fait rouler la bille, on sent.
Le produit, Rare Beginnings Eau de Parfum, est arrivé le 7 août chez Sephora et sur rarebeauty.com à 84€ les 50 ml. Un floral fruité construit sur le nectar de poire et la pistache, un cœur de gardénia, jasmin et fleur de lotus, puis une base vanille, sucre rosé et cèdre. Difficile à raconter en visuel. Beaucoup plus simple à faire respirer.
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Le parfum, angle mort de la publicité
C’est la limite structurelle de la catégorie : un parfum se vend par l’odeur, et l’affichage comme le digital ne transmettent que des mots et des images. La presse magazine offrait l’échantillon encarté, elle recule. Le marketing sensoriel en extérieur devient donc le terrain logique pour combler ce vide, à condition d’accepter un dispositif physique.
L’objet familier plutôt que la métaphore
L’idée forte tient au choix de l’objet. Rare Beauty n’a pas construit une installation abstraite sur le thème des nouveaux départs, elle a agrandi le format d’échantillon le plus banal du secteur. Le geste est immédiatement compris, sans mode d’emploi, et le décalage d’échelle fait le travail d’attention que ferait normalement une accroche.

Une activation terrain pensée pour être filmée
Rouler une bille de la taille d’un ballon devant un panneau publicitaire produit une image que les passants filment sans qu’on le leur demande. La marque prolonge d’ailleurs le jeu dans sa prise de parole avec un « slow your roll » qui installe le ton. Une campagne de brand activation qui vaut autant par sa portée sociale que par son trafic réel sur deux jours.

La suite d’une méthode, pas un coup unique
Rare Beauty avait déjà testé l’affichage à gratter et à sentir à New York en 2025 pour son premier parfum, avec un QR code géolocalisé sur l’app Shop de Shopify permettant de recevoir un échantillon avant la sortie. Le rollerball géant confirme une stratégie d’engagement stable : faire du lancement parfum un rendez-vous physique à New York, un an sur deux au même moment.

Un produit conçu pour être manipulé
Le dispositif rejoint la logique du produit lui-même, vendu avec deux baumes de layering, Fruity Pear et Sweet Marshmallow, à 20 dollars, pour ajuster le sillage vers plus de fruit ou plus de gourmand. Dans les deux cas, la marque mise sur le geste plutôt que sur le discours. Une cohérence rare entre le dispositif créatif et ce qu’il vend.
Le rollerball géant de Rare Beauty n’est pas la première fois que New York sert de terrain sensoriel pour un lancement de soin ou de parfum. Un an plus tôt, la marque Billie y avait misé sur le même réflexe du toucher avec ses affiches à gratter en forme d’aisselle géante pour faire sentir son déodorant Coco Villa avant même l’achat. Deux façons différentes de faire respirer un produit plutôt que de le raconter.


