La 6e édition des Mlle Pitch Awards & Co, le concours créatif solidaire de l’agence Mlle Pitch, a livré son palmarès. Une édition record, avec plus de 1 647 participants, 680 campagnes reçues et 61 écoles mobilisées autour d’un même sujet. Cette année, Creapills a été partenaire majeur de l’événement et remet deux prix coups de cœur, l’un en print, l’autre en DOOH, avec à la clé une diffusion sur nos réseaux.
Le brief 2026 plaçait la fratrie au cœur de la réflexion, au service de la Fondation Villages d’Enfance Ensemble. En France, 344 682 enfants sont confiés à la protection de l’enfance, et la plupart se retrouvent séparés de leurs frères et sœurs. Tout l’enjeu pour les candidats : défendre ce lien fraternel comme un repère vital pour des enfants qui ont déjà tout perdu, sans jamais verser dans le pathos ou le misérabilisme.
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« L’un sans l’autre » : quand les icônes de l’enfance rappellent l’évidence
Notre coup de cœur print revient à « L’un sans l’autre », signée par le concepteur-rédacteur Baptiste Gleizer et le directeur artistique Thibaud Bernet-Becuwe. Leur insight de départ : dans l’imaginaire collectif, certaines fratries sont tout simplement indissociables. Penser à Mario, c’est penser à Luigi. Impensable dans la fiction, cette séparation devient une injustice absurde quand elle touche des enfants bien réels.
Le dispositif créatif détourne alors les icônes de l’enfance pour matérialiser cette évidence. La campagne aligne une série de portraits intimistes de frères et sœurs, photographiés de dos dans leur chambre de jeu et incarnant leurs héros de pop culture, de Mario et Luigi aux Dalton en passant par La Reine des Neiges. L’accroche « Difficile d’imaginer l’un sans l’autre » scelle le propos, sur un ton fédérateur qui interpelle l’adulte sans culpabiliser l’enfant. Un travail qui repart avec un joli triplé : coup de cœur print Creapills, coup de cœur DOOH Creapills et Grand Prix du public print.
Derrière cette idée, deux jeunes créatifs de 24 ans qui ont bouclé le projet à quelques heures de la deadline. On a voulu en savoir plus sur leur démarche et leurs partis pris. Ils nous racontent.

Pouvez-vous commencer par vous présenter : qui êtes-vous et quel est votre parcours ?
Thibaud : J’ai 24 ans et je suis directeur artistique. Après un cursus de 5 ans à l’ISCOM et des passages en agence chez les agences Raymonde et Mai 69, je travaille aujourd’hui en freelance.
Baptiste : J’ai 24 ans également, formé à l’EFAP en création publicitaire. J’ai rencontré Thibaud chez Raymonde, avant de travailler chez BETC. Je suis aujourd’hui concepteur-rédacteur chez LIBRE MullenLowe.
Pourquoi avoir participé au concours Mlle Pitch ?
Baptiste : Par le passé, on a déjà participé à quelques concours créatifs (D&AD, Club des DA), et Mlle Pitch a beaucoup de visibilité, notamment dans le métro parisien. Il y a 4 ou 5 ans, avant même que je travaille dans la publicité, la campagne pour la Croix-Rouge avec les manettes m’avait particulièrement marqué. En découvrant dans le brief que des enfants placés en foyer pouvaient être séparés de leur fratrie, on a trouvé ça totalement aberrant.
Thibaud : On connaissait la réputation du concours et c’était l’occasion parfaite de faire de la publicité « utile » pour une grande cause.

pour la Croix-Rouge Française
Comment aborde-t-on un sujet aussi délicat ?
Baptiste : On voulait éviter à tout prix la provocation ou le ton misérabiliste. L’idée était de concevoir un message rassembleur : une affiche esthétique pour les enfants, mais qui suscite une vraie prise de conscience chez les adultes.
Thibaud : On cherchait un ton positif, quelque chose qui interpelle sans choquer.
D’où est venue l’idée d’utiliser des icônes de la pop culture ?
Thibaud : On s’y est pris à deux jours de la deadline ! L’idée s’est imposée d’associer des fratries célèbres qui parlent à toutes les générations : de Mario & Luigi ou Les Dalton pour les plus grands, jusqu’à La Reine des Neiges pour les plus jeunes.
Baptiste : Le décor de la chambre d’enfant est venu rapidement, mais on a bloqué sur l’accroche. En appliquant une astuce de mon ancien DC chez BETC – il disait toujours « quand vous bloquez, changez de pièce » – je suis parti chercher un verre d’eau… et l’accroche finale a émergé à deux heures du rendu !

Quel a été le rôle de l’intelligence artificielle dans la réalisation ?
Thibaud : Faute de temps pour un vrai shooting, l’IA nous a permis de maquetter vite. On a choisi de montrer les enfants de dos. Il a ensuite fallu nettoyer longuement les visuels, car l’IA générait des éléments des différentes licences partout (rires) !
Baptiste : L’IA est un bon outil de recherche et de gain de temps, mais l’angle créatif et la sensibilité humaine restent irremplaçables.
Un mot sur ce coup de cœur Creapills ?
Baptiste : C’est extrêmement gratifiant de voir que le concept résonne et fait réagir.
Thibaud : On consulte très souvent Creapills pour trouver de l’inspiration. Y être mis en avant auprès des professionnels du secteur, c’est une vraie fierté !






