Pour annoncer sa collection été, Lacoste a posé son emblème là où on ne l’attendait pas : sur le sable de la Praia de Grumari, à Rio de Janeiro. Le crocodile de la marque y apparaît en volume modelé à taille XXL face à la mer. Le rendu est si net que beaucoup, en découvrant les images, ont juré qu’il s’agissait d’une création générée par IA.
Sauf que non. Derrière la bête, il y a une paire de mains, de l’eau et beaucoup de patience. La sculpture est signée Rogean Rodrigues, artiste brésilien du sable, qui a donné au reptile ses couleurs de vacances et son air débonnaire, parfaitement raccord avec le ton estival et décontracté de la campagne.
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Un crocodile de sable qui a semé le doute
Le plus révélateur, dans cette histoire, c’est la réaction du public. En 2026, le premier réflexe devant une image trop parfaite n’est plus l’émerveillement mais le soupçon : est-ce vrai, est-ce une IA ? Le crocodile de Rodrigues a joué exactement sur cette bascule. En révélant les coulisses et le travail manuel, Lacoste transforme ce doute en preuve d’authenticité et rappelle qu’un savoir-faire humain garde une longueur d’avance sur les images de synthèse.
Rogean Rodrigues, orfèvre du sable brésilien
Rodrigues n’est pas un débutant. Cela fait des années qu’il façonne le sable des plages de Rio avec ses seuls outils fétiches : eau, sable et liant. On lui doit notamment les anneaux olympiques modelés sur la plage pour Rio 2016, et une longue série de pièces monumentales qui vivent parfois plusieurs mois face aux passants. Le choix d’un tel artisan ancre la campagne dans un imaginaire de plage, de soleil et de fait main, très loin du studio et du fond vert. Vous pouvez aller découvrir son travail sur son compte Instagram.
Le sable, terrain de jeu idéal pour la marque
Au-delà de la jolie image, l’idée est maligne sur le plan marketing. En donnant corps à son logo dans une matière éphémère, Lacoste fait du marketing sensoriel sans en avoir l’air : le crocodile devient un objet réel, photographiable, ancré dans un lieu. Ce dispositif créatif prolonge naturellement l’univers balnéaire de la collection et offre un contenu taillé pour les réseaux, où l’artisanat et le doute autour de l’IA font largement plus parler qu’un simple visuel produit.
Ce n’est pas la première fois que la marque au crocodile confie son emblème à la matière brute et au fait main. Quelques mois plus tôt, à Bali, elle avait déjà troqué la sculpture classique pour un crocodile géant entièrement tressé en feuilles de cocotier par le studio MAKE A SCENE, preuve que l’artisanat local reste son terrain de jeu favori pour faire vivre le reptile.








