Un objet du quotidien peut-il porter un message écologique sans virer au sermon ? C’est le pari de la Sea Level Rise Chair, une assise imaginée par le designer Tobia Zambotti à partir d’une bouée de sauvetage vouée au rebut. Posée sur une structure métallique, la bouée orange devient un siège qui interpelle autant qu’il fait sourire.
Basé à Reykjavík, Tobia Zambotti a choisi l’humour plutôt que la culpabilité pour aborder un sujet qui pèse lourd : l’accélération de la montée des océans. Là où beaucoup empilent les images anxiogènes, le designer préfère un objet léger, presque ludique, pour maintenir la conversation ouverte sans en diminuer l’enjeu.
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Un chiffre qui donne le vertige
Le point de départ du projet est une donnée brute. Selon la NASA, le niveau global des mers atteignait en 2020 un pic de 91,3 millimètres au-dessus de la moyenne de 1993, soit le plus haut relevé annuel enregistré par les satellites. Derrière son allure décalée, la Sea Level Rise Chair prend racine dans cette réalité mesurée, et non dans une simple posture esthétique.

L’upcycling comme geste créatif et accessible
Le vrai insight du dispositif tient dans sa méthode. En redonnant vie à une bouée inutilisée, Tobia Zambotti montre que le réemploi n’exige ni technologie ni budget : il suffit d’un regard neuf sur un déchet. Ce parti pris fait de l’objet un manifeste discret en faveur de l’upcycling, et un rappel que la créativité peut nourrir la sobriété plutôt que la consommation.

Une bouée qui devient symbole
Le choix de l’accessoire n’a rien d’anodin. La bouée évoque la mer, le sauvetage et cette idée d’une planète qui lutte pour rester à flot. Sa couleur orange vif fonctionne comme un signal d’alerte visuel, un code marketing sensoriel qui capte l’œil et fixe le message. L’assise devient alors un vrai déclencheur de discussion sur la responsabilité environnementale.

Le sérieux dit avec le sourire
Cette légèreté assumée est au cœur de la démarche. « On ne peut pas stopper la montée des eaux, mais on a encore une chance de la ralentir : chaque action compte et chacun peut contribuer. Il est important d’alimenter la discussion autour du sujet », explique le designer. Une manière de rappeler qu’un dispositif créatif bien pensé peut porter un propos militant sans jamais assommer celui qui le reçoit.
À Copenhague, la municipalité danoise a fait appel à l’architecte Bjarke Ingels pour concevoir quinze bancs publics dont l’assise a été surélevée d’un mètre, afin de montrer aux passants le niveau que la mer pourrait atteindre. Là où Tobia Zambotti mise sur l’humour et l’upcycling, la ville joue la démonstration grandeur nature.







