À Londres, les lunettes Meta dans le métro ne passent plus inaperçues. Le collectif activiste Everyone Hates Elon a installé de faux avis de sécurité dans le réseau Underground pour dénoncer les caméras intégrées à ces accessoires et la possibilité de filmer des inconnus sans leur consentement.
Les autocollants reprennent soigneusement les codes visuels de Transport for London, avec son bleu caractéristique, un pictogramme de lunettes et un signal évoquant le Wi-Fi. Mais le ton est beaucoup moins institutionnel : l’un d’eux prévient les utilisateurs que « tout le monde vous prend pour un énorme pervers ».
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Un faux partenariat avec le métro londonien
Sur Instagram, Everyone Hates Elon pousse la plaisanterie jusqu’à annoncer ironiquement un partenariat avec Transport for London. Les affiches ne viennent pourtant pas de TfL : elles ont été conçues pour lui ressembler et installées sans autorisation.
Ce détournement donne au message une efficacité particulière. Placé au milieu des véritables consignes du métro, il emprunte leur apparence sérieuse pour provoquer une forme de rappel à l’ordre collectif. Une autre affiche affirme ainsi que l’humiliation publique des utilisateurs de lunettes connectées est « encouragée dans tout le réseau du métro londonien ».
La caméra au cœur du malaise
Les lunettes de Meta permettent de prendre des photos et d’enregistrer des vidéos ou du son sans sortir de téléphone. Le fabricant précise qu’une LED s’allume lorsque la caméra fonctionne et recommande de demander l’autorisation des personnes présentes. Pour leurs détracteurs, ce petit voyant ne suffit cependant pas toujours à rendre l’enregistrement évident.
Le collectif britannique avait déjà attaqué ces appareils avec de fausses publicités installées dans des abribus londoniens. Cette précédente opération imitait les campagnes de Meta pour mieux associer ses lunettes aux questions de surveillance, de vie privée et de consentement. Vous pouvez suivre les actions du collectif Everyone Hates Elon sur leur compte Instagram.
Le sujet dépasse d’ailleurs Everyone Hates Elon. En août 2026, DuckDuckGo lançait ses « Normal F***ing Sunglasses », des lunettes volontairement dépourvues de caméra, de microphone, d’intelligence artificielle et de batterie. Deux détournements très différents, mais une même idée : plus la technologie sait se fondre dans une monture ordinaire, plus elle risque d’éveiller la méfiance de ceux qui se trouvent devant l’objectif.
Avant de détourner les consignes du métro, Everyone Hates Elon avait déjà retourné contre Meta les codes de sa propre communication. Dans les abribus londoniens, le collectif a transformé l’image glamour de Kylie Jenner en avertissement sur la surveillance grâce à une affiche qui change selon l’angle de vue, au cœur de ses fausses publicités Meta avec Kylie Jenner.



