Il y a les buteurs, et il y a les phénomènes. Erling Haaland est devenu le second au Mondial 2026. Sept buts, une qualification historique de la Norvège en quart de finale, une première dans l’histoire du pays, et une élimination arrachée par l’Angleterre après prolongation le 11 juillet. Mais c’est loin du terrain que le géant blond a vraiment pris possession de la compétition.

Au-delà du numéro 9, Haaland est devenu un personnage de la culture internet. Filtre Shrek, filtre chauve, gros plans face caméra en mode « Well well well » : le Norvégien alimente lui-même les mèmes autant que les compteurs. Résultat, marques et créateurs de contenu se sont rués sur sa silhouette pour en faire la matière première de leurs détournements.

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Une silhouette devenue signature visuelle

La force de Haaland, c’est d’être identifiable en une fraction de seconde. Le chignon viking, les longs cheveux blonds lâchés façon surfeur, la carrure d’1,95 m, le regard fixe : autant de signaux qui fonctionnent comme un logo. Une coiffure si emblématique qu’il en a fait un produit, avec sa collection d’élastiques Kknekki lancée pour le Mondial. Pas besoin de citer son nom, il suffit d’évoquer la coiffure ou l’expression pour que l’internaute reconnaisse la référence.

Le mème-branding, nouveau sport des marques

C’est tout le principe du mème-branding : greffer un visage ultra-reconnaissable sur un produit pour capter une conversation déjà virale. De Nutella à Axe, de KFC à Crocs, des dizaines de marques ont posé la coiffure de Haaland sur un emballage, remplacé ses mèches par des spaghettis ou vanté un produit « aussi puissant » que lui. Un réflexe d’activation terrain à coût quasi nul, porté par le newsjacking.

Nike et Channing Tatum, le détournement version blockbuster

Les géants ne sont pas en reste. Pour son film « Rip the Script », Nike a confié à l’acteur Channing Tatum le rôle de doublure officielle de Haaland : perruque blonde, élastique signature et pose de méditation comprises. Six minutes de chaos hollywoodien où Tatum incarne le sosie du buteur aux côtés d’un casting all-star. La preuve que même les mastodontes misent désormais sur le second degré.

La revanche des visages bruts

Ce qui se joue derrière la Haaland-mania dépasse le foot. Le marketing sportif s’est longtemps appuyé sur des égéries lisses et interchangeables. Haaland séduit par ses aspérités : ses expressions, son humour absurde, son côté cyborg assumé. À l’heure de la stratégie d’engagement, un visage imparfait mais immédiatement reconnaissable vaut mieux qu’un athlète parfait et oubliable.