Dyson a présenté ce 1er septembre à Paris la CameraJet, une brosse à dents électrique dotée d’une caméra macro logée directement dans la tête de brosse. L’idée : filmer l’intérieur de la bouche pendant le brossage et déclencher un jet de bain de bouche exactement dans les espaces interdentaires.

Pour une marque identifiée aux aspirateurs, aux sèche-cheveux et aux purificateurs d’air, le virage a de quoi surprendre. Mais la logique est fidèle à la maison : prendre un geste quotidien que tout le monde exécute mal, l’observer pendant six ans, et revenir avec un produit qui remplace le fil dentaire par un jet piloté par une IA.

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L’insight n’est pas technique, il est comportemental

45 secondes de brossage en moyenne quand deux minutes sont recommandées, et neuf personnes sur dix qui n’utilisent pas le fil dentaire aussi régulièrement qu’elles le devraient. Le point de départ du produit est là : la zone où la plaque se forme en premier est précisément celle que personne ne nettoie. Un problème d’usage, pas d’équipement.

Voir pour viser, le cœur du dispositif

La caméra de 100 000 pixels analyse 28 images par seconde, épaulée par un stroboscope cadencé à 257 Hz. L’algorithme Gap Optical Targeting, entraîné sur 470 000 images dentaires et bâti sur 16 millions de lignes de code, détecte et anticipe les interstices au passage de la brossette, puis déclenche le jet en moins de 100 ms.

Un jet conique plutôt qu’un jet aiguille

Les hydropulseurs classiques envoient un filet type aiguille qui traverse la plaque sans vraiment la décoller. Dyson pulvérise en éventail des centaines de milliers de microgouttelettes, à pression plus faible, pour couvrir davantage de surface sans agresser la gencive ni l’émail. Un réservoir anti-gravité de 12,5 ml alimente le jet quelle que soit l’inclinaison.

Six ans, 661 ingénieurs et une faculté de médecine dentaire

Sir James Dyson, fondateur et ingénieur en chef, revendique 38 brevets déposés, 30 professionnels dentaires consultés et une plaque proxy développée avec la Faculté de médecine dentaire de l’Université nationale de Singapour, au terme de cinq ans de collaboration. L’essai clinique mené en Italie annonce 58 % de plaque en moins en quatre semaines.

Une stratégie de brand utility plutôt qu’un gadget connecté

Le dispositif se prolonge dans l’application MyDyson, qui diffuse le direct comme un examen dentaire et cartographie les zones oubliées. Aucune image n’est enregistrée sur le produit ni dans le cloud, assure la marque. Le connecté ne sert pas ici à divertir : il documente un geste raté pour le corriger, ce qui est la définition même de la brand utility.

479 euros, et un écosystème refermé sur la marque

Le kit est disponible depuis le 1er septembre à 479 euros sur le site officiel Dyson, avec deux têtes de brosse, un dentifrice sans SLS et un bain de bouche Dyson, ensuite vendus séparément à 10 euros (12 euros pour la version Sensitive). Chaque tête embarque une puce RFID qui compte les brossages. Dyson ne vend pas une brosse à dents, il vend une routine complète.

Dyson mise sur l’ingénierie pour justifier son positionnement, mais la marque est aussi une cible de choix pour ses concurrents. En Australie, Samsung a réduit des aspirateurs Dyson en poussière pour promouvoir son Bespoke AI Jet Ultra, avec Clemenger BBDO : les débris étaient ensuite aspirés dans le spot, puis expédiés aux créateurs.