L’idée en un clin d’œil

  • Bray transforme la brique de construction en habitat pour la biodiversité, en intégrant des cavités capables d’accueillir plantes, oiseaux et chauves-souris directement dans les façades urbaines.
  • Imaginé par Nathanaël Zbynovsky, un étudiant de Strate, école de design, le projet propose d’utiliser la terre excavée des chantiers pour produire localement ces briques en terre cuite.
  • En faisant des murs de véritables écosystèmes, Bray esquisse une nouvelle manière de concevoir la ville, où architecture et vivant cohabitent plutôt que de s’exclure.

Et si les murs de nos villes devenaient de véritables refuges pour la biodiversité ? Face à l’urbanisation croissante et à l’érosion du vivant, un projet étudiant propose de repenser la manière dont nous construisons nos bâtiments.

Imaginé par Nathanaël Zbynovsky, étudiant de Strate, école de design, Bray est une gamme de briques monomurs en terre cuite conçues pour accueillir la faune et la flore locales directement dans l’architecture. Une approche qui transforme les façades en véritables écosystèmes capables de favoriser le retour de la biodiversité en ville.

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Repenser la construction face à la crise écologique

Chaque année, plus de 400 000 logements sont construits en France. Cette urbanisation massive contribue largement à la fragmentation des habitats naturels et à l’érosion de la biodiversité. En Europe, près de 42 % des espèces animales terrestres et des plantes sont aujourd’hui en déclin.

Le projet Bray part de ce constat : nos villes sont pensées comme des espaces parfaitement organisés où chaque fonction est séparée. Le trottoir pour les piétons, la chaussée pour les voitures, les parcs pour la nature. Or dans le monde vivant, cette séparation n’existe pas. La nature colonise spontanément chaque fissure, chaque interstice, chaque surface disponible.

L’idée de Bray consiste donc à transformer cette présence accidentelle de la nature en une intention de conception. Les murs ne deviennent plus des surfaces hermétiques, mais des supports capables d’accueillir la vie.

Des briques conçues comme des habitats

Pour y parvenir, le projet s’appuie sur un matériau simple et ancestral : la terre cuite. L’argile, largement disponible en France et notamment dans le Pays de Bray, permet de produire des briques locales, peu transformées et naturellement isolantes.

Les briques Bray sont conçues comme un véritable substrat d’accueil pour la biodiversité. Leur structure intègre différentes cavités et volumes capables d’abriter des plantes indigènes mais aussi certains animaux.

Certaines briques sont par exemple pensées pour accueillir la flore locale, tandis que d’autres offrent des abris pour des oiseaux de petite taille comme les passereaux. D’autres encore peuvent servir de refuge à des chauves-souris, notamment les pipistrelles communes ou les oreillards.

L’objectif n’est pas de contrôler la nature, mais de lui offrir les conditions nécessaires pour qu’elle s’installe spontanément dans l’architecture.

Une fabrication ancrée dans le territoire

Au-delà de l’enjeu écologique, Bray propose également une approche de construction hyper locale. Lorsqu’un bâtiment est construit, la terre excavée pour créer les fondations est généralement considérée comme un déchet.

Le projet de Nathanaël Zbynovsky imagine au contraire de revaloriser cette ressource. Si le terrain repose sur un gisement argileux, cette terre pourrait être utilisée pour produire les briques directement destinées à la construction du bâtiment.

Cette logique circulaire permettrait de réduire le transport de matériaux tout en renforçant le lien entre l’architecture et son territoire.

Un design inspiré du vivant

La réflexion derrière Bray s’appuie également sur les principes du biomimétisme. L’observation des phénomènes naturels a notamment mis en évidence l’efficacité du pli comme structure dans de nombreux organismes vivants.

Transposée à l’architecture et à l’urbanisme, cette logique interroge notre manière de construire les villes. Le projet explore ainsi l’idée que les structures urbaines pourraient être pensées comme des systèmes capables de se déployer, de s’adapter et d’accueillir le vivant plutôt que de l’exclure.

Avec Bray, la brique n’est plus seulement un élément structurel. Elle devient une interface entre l’architecture et l’écosystème local.

Un projet étudiant qui imagine des villes plus vivantes

Ce projet s’inscrit dans une recherche plus large menée autour de la capacité des parois architecturales à accueillir la biodiversité. Une démarche qui questionne profondément la manière dont nos constructions pourraient cohabiter avec le vivant plutôt que s’y opposer.

En transformant un élément aussi banal qu’une brique en support de biodiversité, Bray ouvre une piste concrète pour imaginer des villes plus résilientes et plus poreuses au monde naturel.

Article réalisé en collaboration avec Strate, école de design, où les futurs designers explorent des idées sensibles et engagées, à la croisée du design, de l’innovation et des usages.