Une salle d’attente n’a pas besoin d’être hantée pour intimider. C’est sur ce décalage que s’appuie Moshy, un service australien de santé en ligne, avec une campagne d’Halloween qui détourne des affiches de films d’horreur. À la place de la menace surnaturelle, l’enseigne pointe des inquiétudes plus ordinaires : les délais, les rendez-vous difficiles à caser et la gêne que peut susciter une consultation consacrée au poids.
Diffusée à Sydney, cette deuxième campagne annuelle d’Halloween rattache ainsi les codes du cinéma à une promesse de service : un accompagnement médical de la perte de poids compatible avec l’emploi du temps des patients. Le frisson sert d’accroche, mais le propos porte sur l’accès aux soins, pas sur les corps.
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Les salles d’attente passent au cinéma d’horreur
Les affiches prennent pour références Obsession, Backrooms et You Can See Everything. Leurs univers sont réinterprétés pour évoquer les appréhensions associées aux parcours médicaux traditionnels. Le ressort du pastiche tient à ce changement de sujet : une situation administrative ou un rendez-vous contraignant devient matière à film d’épouvante.


Pour une marque de télésanté, le rapprochement est particulièrement lisible. Plutôt que de présenter uniquement les fonctionnalités d’une plateforme, Moshy met en scène les obstacles auxquels son offre entend répondre. L’affichage publicitaire installe ce contraste dans la rue, en s’appuyant sur un langage visuel cohérent avec Halloween.


Jonathan Seidler, directeur de création de Mosh et Moshy, explique que la démarche vise à dédramatiser la recherche d’aide. Selon l’entreprise, le service associe consultations individuelles avec des médecins, accompagnement continu et coordination avec les généralistes habituels des patients. La communication insiste donc sur la souplesse du parcours et l’absence de jugement, sans avancer de promesse chiffrée de perte de poids.


Du croquis à l’envoi en 72 heures
La campagne a été produite par le studio de contenu interne de Moshy. L’entreprise indique que le travail est passé du croquis à l’envoi en 72 heures, porté par une équipe de design amatrice de cinéma d’horreur. Sous la direction créative de Jonathan Seidler, Tonyteni Taulaga signe le design et Eamon Hayward la direction artistique.

Olivia Whiting a piloté les contenus et la campagne, Lee-Helena Rosolen la performance, et Fourteen10 les médias. Les affiches ont été déployées dans des emplacements ciblés à Sydney : des peurs de consultation exposées dehors, plutôt que laissées à la porte du cabinet.
Chez Moshy, les codes de l’horreur servent à dédramatiser le parcours de soins. L’illustrateur américain Ed Harrington les détourne, lui, en mode d’emploi : ses films d’horreur revisités à la manière des notices IKEA décomposent les classiques du genre en dessins noirs et blancs, avec le petit bonhomme et les codes graphiques du géant suédois.


