Il y a des vœux qu’il vaudrait mieux ne pas exaucer. C’est le point de départ de Jurassic Ward, court-métrage d’animation 3D signé Amber Bellomio, où une association caritative accepte de livrer un dinosaure vivant à un enfant hospitalisé. La suite tient du carnage burlesque, et la mécanique comique fonctionne redoutablement bien.
Réalisé comme projet de fin d’études au Ringling College of Art and Design, le film s’appuie sur un contraste rare : la rigueur scientifique d’une paléoartiste au service d’un humour noir totalement décomplexé. Un objet créatif qui en dit long sur la façon dont on capte l’attention en 2026.
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Un détournement frontal des codes du caritatif
Robin, employée débordée de la « Wishes Come True Foundation », doit satisfaire Wyatt, jeune patient capricieux qui exige un dinosaure. Elle revient avec un Utahraptor à plumes nommé Alan, clin d’œil au Dr Alan Grant de Jurassic Park. Le film détourne alors sans ménagement l’imagerie sirupeuse des œuvres d’aide aux enfants malades pour en faire une comédie d’action gore.
La satire du travail précaire comme vrai sujet
Derrière le sang et les organes de greffe piétinés, le dispositif créatif cible l’ingratitude et la pression absurde exercée sur les métiers de service. Robin risque sa vie pour un vœu ; Wyatt lui reproche son retard, raille son salaire sous le minimum et réclame un tyrannosaure. Le retour de bâton karmique arrive alors seul, sans morale appuyée. Efficace.

Le paléoart au service du cartoon
La force du film tient à sa double exigence : un dinosaure crédible dans sa morphologie et son plumage, animé avec l’outrance d’un cartoon. Amber Bellomio joue le décalage entre décor médical stérile et sauvagerie animale, appuyé par une bande-son qui oppose mélodies douces et hystérie des bruitages. Une stratégie d’engagement redoutable pour un film étudiant.
Les films de fin d’études savent décidément retourner les registres les plus inoffensifs. Dans un décor autrement paisible, les jeunes réalisateurs de l’École des Nouvelles Images signent Amen, un court-métrage où des cochons de monastère se révoltent en découvrant leur destin de saucisson. Même art du contraste entre douceur apparente et gravité du propos.








