Il y a quelque chose de vertigineux dans l’idée de fabriquer un meuble qu’il faut d’abord déjouer avant de pouvoir l’ouvrir. C’est précisément le pari de Juliette Huneau, ébéniste d’art française installée à Montréal, qui signe avec Naxos et Dédale deux cabinets muraux suspendus pensés comme des sanctuaires verrouillés par le jeu.
Diplômée de l’École d’ébénisterie d’art de Montréal, l’artiste s’est construit une signature à la croisée du mobilier d’art, du puzzle mécanique et de la sculpture interactive, en réinventant le cabinet de curiosités à travers des assemblages qui mêlent marqueterie fine, engrenages de bois et tressage danois.
Découvrez
l'agence créative
de Creapills.
Stratégie, création, production : nous accompagnons les marques en quête de créativité. UNIQLO, Hasbro, Paramount, Crédit Agricole et plus de 100 autres nous font confiance.
Une façade qui emprunte à Escher
Naxos et Dédale partagent une façade en marqueterie de frêne découpée au laser, dont les motifs isométriques et les escaliers impossibles renvoient directement à l’univers graphique de M.C. Escher. Le choix de conserver les contours noirs brûlés par la découpe laser n’a rien d’un compromis technique : il donne aux façades une texture de croquis d’architecte et assume pleinement le caractère fictif du décor, plutôt que de chercher à le dissimuler.
Un verrou qu’on actionne à la main
Là où beaucoup de créateurs se seraient arrêtés à l’illusion d’optique, Juliette Huneau pousse le dispositif jusqu’à l’interaction complète. Trois pièces mobiles, passerelles et escaliers intégrés au motif, font office de verrous que l’utilisateur doit manipuler pour espérer ouvrir le meuble. Cette mécanique de résolution progressive transforme un simple geste d’ouverture en véritable rituel, à mi-chemin entre le marketing sensoriel et l’expérience de jeu.
L’ingénierie en bois mise à nu
En faisant pivoter les passerelles, l’utilisateur enclenche un système d’engrenages en cerisier dissimulé dans l’épaisseur de la porte. Le verso en plexiglas transparent expose ce mécanisme normalement invisible et laisse voir le ballet des roues dentées en bois qui se répondent. Cette transparence assumée fonctionne comme une signature technique : l’objet ne cache pas sa complexité, il la met en scène et invite à comprendre comment le puzzle a été pensé.
Un sanctuaire de calme au bout du jeu
Une fois le mécanisme résolu, le cabinet s’ouvre sur un intérieur habillé d’étagères et de papier népalais coloré. Le contraste est volontaire : après l’effort cognitif de résolution du puzzle, l’utilisateur accède à un espace de calme et de poésie, pensé comme une récompense sensorielle. C’est là tout l’insight du dispositif de Juliette Huneau, transformer le sentiment de vertige face à un monde chaotique en une expérience où la reconquête du contrôle passe par le jeu, avant de déboucher sur un refuge intime. Une manière élégante de rappeler que le meilleur marketing expérientiel n’a pas besoin d’écran pour capter l’attention et créer du sens. Pour en savoir plus sur son univers, rendez-vous sur juliettehuneau.ca.
Là où Juliette Huneau verrouille ses cabinets muraux derrière un puzzle mécanique, l’ébéniste japonaise Ayumi Tsuchiya prend le chemin inverse et sculpte des objets en bois pensés pour être touchés, escaladés et joués comme des instruments. Deux façons opposées de faire du bois un terrain d’interaction, l’une par la résolution d’une énigme, l’autre par le geste spontané du corps.












