Singer Vehicle Design, spécialiste californien de la restauration de Porsche 911 classiques, s’associe pour la première fois à une maison de luxe. Louis Vuitton et l’atelier américain dévoilent deux créations automobiles pensées comme un prolongement de l’univers du voyage cher à la maison française, à l’occasion de Monterey Car Week 2026.
Le projet est parti d’un détail. Singer souhaitait intégrer une horloge de bord signée Louis Vuitton, inspirée de la montre Tambour et fabriquée par La Fabrique du Temps. Cette pièce s’est révélée trop complexe à installer telle quelle, obligeant les équipes à repenser l’ensemble du tableau de bord, puis l’intégralité de la voiture. Ce qui devait être un simple accessoire s’est transformé, en un an de travail, en un dispositif de co-création complet.
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Une Classic pensée pour la route
La première voiture, une Singer Classic à carrosserie carbone construite sur base 911 Type 964, arbore une livrée safran et bleu cobalt. Elle embarque un six-cylindres à plat atmosphérique de 4.0 litres développant 420 chevaux, associé à une boîte manuelle à six rapports et des freins carbone-céramique. Sa galerie de toit sur mesure peut accueillir une malle Louis Vuitton, une paire de skis ou une planche de surf, incarnant à elle seule l’art du voyage revendiqué par la maison.

L’habitacle multiplie les clins d’œil à l’artisanat maroquinier. Les aérations des sièges reprennent la fleur du Monogram, les surpiqûres évoquent le motif Malletage et le levier de vitesse emprunte ses lignes au sac Noé. Une manière pour Louis Vuitton de transposer son vocabulaire créatif habituel, celui de la maroquinerie et de l’accessoire, dans un objet entièrement différent.
Une Cabriolet à l’inspiration nautique
La seconde création, une Classic Turbo Cabriolet développée avec Nicolas Ghesquière, directeur artistique des collections féminines de Louis Vuitton, prend une direction plus radicale. Finie en blanc Calcaire Lutétien, rehaussée de cuir cognac et de bois, elle emprunte ses codes esthétiques au monde du yachting plutôt qu’à celui de l’automobile de collection. Elle repose sur un flat-six biturbo de 3.8 litres annoncé autour de 510 chevaux, avec modes de conduite sélectionnables et refroidissement air-eau.

L’horloge Tambour y devient amovible et peut se transformer en horloge de bureau, complétée par une montre Tambour Automatic 40mm en céramique et or. Ghesquière a par ailleurs conçu une capsule de voyage complète associée au cabriolet, avec combinaison en soie, gants de conduite, sneakers, lunettes et casque, dans les mêmes teintes que la voiture. L’ensemble transforme le véhicule en plateforme d’expression de marque plutôt qu’en simple produit automobile personnalisé.
Une opération de brand content plus qu’une collaboration produit
Au-delà de la prouesse technique, cette collaboration fonctionne comme un dispositif créatif au sens large. Elle mobilise l’ensemble des savoir-faire de la maison, maroquinerie, horlogerie et mode, dans un seul objet, ce que confirme Jean Arnault, directeur de l’Horlogerie Louis Vuitton, qui évoque un projet réunissant pour la première fois tous les métiers de la maison. Pour Octave Chany, directeur du design chez Singer, l’enjeu était de faire dialoguer le langage intemporel de la marque californienne avec la culture du voyage et du raffinement propre à Louis Vuitton.

Sans prix ni date de commercialisation communiqués, les deux voitures fonctionnent moins comme un produit à vendre que comme une activation terrain à très forte valeur d’image. En s’associant à un acteur culte de la restauration automobile plutôt qu’à un constructeur généraliste, Louis Vuitton choisit un partenaire dont la rareté et l’exigence artisanale font écho aux siennes, renforçant une stratégie de brand utility où l’objet devient la démonstration la plus tangible du savoir-faire de la maison.
Si Louis Vuitton exporte sa maroquinerie et son horlogerie sur une carrosserie de Porsche, la marque allemande explore de son côté le chemin inverse en s’invitant dans les foyers. Porsche s’associe à l’électroménager signé Smeg, avec en pièce maîtresse un réfrigérateur limité à 1970 exemplaires, en hommage à sa victoire aux 24 Heures du Mans en 1970.




















