Depuis le 3 juillet, on peut se jeter dans le vide au-dessus de la plaine du Chablais. La station suisse de Villars-Gryon-Diablerets a inauguré la Balanc’AIR, la première balançoire géante du pays, perchée à 2110 mètres au sommet du télésiège du Grand Chamossaire. Trois personnes, une bascule tractée jusqu’à 90°, le lac Léman en toile de fond.
Derrière l’attraction à sensations, il y a surtout une décision stratégique. Car cette balançoire n’est pas qu’un manège de plus en altitude : c’est le symptôme d’un modèle économique qui vacille, et la réponse concrète d’une station qui ne peut plus miser uniquement sur la neige.
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Un modèle de station à bout de souffle
Le constat posé par la station est brutal. Villars-Gryon-Diablerets réalise aujourd’hui 95% de son chiffre d’affaires entre décembre et mars. Un modèle intenable à long terme, quand l’enneigement devient incertain sous 1600 mètres. « Nous devons nous transformer dès maintenant », résume Martin Deburaux, directeur des remontées mécaniques, qui vise 20% de revenus estivaux dans les prochaines années.

Une expérience pensée pour être vue
L’idée est maligne parce qu’elle coche les cases du marketing expérientiel. La Balanc’AIR propose une montée à 90°, deux à trois minutes de bascule et un panorama sur le lac Léman et les sommets. Une expérience courte, intense et hautement partageable, incluse dans le forfait et le Magic Pass. Résultat : 500 curieux dès le premier week-end d’ouverture.
Diversifier sans bétonner
Le choix de la balançoire n’a rien d’anodin. Faible emprise au sol, treuil simple, implantation sur un site déjà équipé d’infrastructures : la station veut créer de la valeur touristique sans multiplier les aménagements. « Notre objectif est de valoriser les sites déjà exploités », insiste Martin Deburaux. Une désaisonnalisation qui se veut mesurée plutôt que fuite en avant.

Ce que ça dit du tourisme de montagne
Au fond, la Balanc’AIR raconte la mutation de tout un secteur. Les stations basculent d’une logique d’équipement lourd vers des dispositifs légers, réversibles et faits pour circuler en ligne, capables d’attirer un public estival. Une stratégie d’engagement où l’expérience prime sur l’infrastructure, et où la montagne se réinvente en terrain de jeu quatre saisons.
Côté pratique, la Balanc’AIR est accessible tous les jours de 10h20 à 16h40 jusqu’au 25 octobre, dès 5 ans et 125 cm, pour 9€ par personne en plus du titre de transport. Réservation conseillée en haute saison.
La montagne suisse comme terrain de jeu, ce n’est pas nouveau, et les remontées mécaniques se prêtent volontiers au détournement créatif. Dans un registre plus sucré que vertigineux, la marque de confiserie Ricola a transformé des télécabines de Grindelwald en karaoké box, avec deux micros, un écran et quelques bonbons pour reposer les cordes vocales.












