Face à la soumission chimique en soirée, la plupart des dispositifs existants sont jetables et ne traquent qu’une seule molécule. La startup française LUEUR prend le problème à rebours avec B-SAFE, un détecteur réutilisable qui se plonge directement dans la boisson et promet de repérer plusieurs substances en moins de trente secondes.

Le principe tient dans un geste simple : on immerge l’extrémité du dispositif dans le verre, on remue légèrement, puis on lit le signal lumineux. Vert fixe, rien à signaler ; rouge clignotant, une substance suspecte a été repérée. Annoncé pour 5 000 utilisations, l’objet veut s’installer durablement sur les comptoirs plutôt que de finir à la poubelle après un seul test.

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Un pari de brand utility face à un marché de l’usage unique

L’angle est malin parce qu’il déplace la logique. Les réponses connues restent jetables et individuelles, comme Desperta, le sticker pour ongle signé Havas Health & You et Universal Music, où l’on trempe le doigt dans le verre pour voir la couleur virer. En visant un dispositif réutilisable et multi-substances pensé pour les établissements, LUEUR applique une vraie logique de brand utility à la sécurité en milieu festif.

Une crédibilité scientifique mise en avant

Pour se démarquer des gadgets, la marque insiste sur la science : sept brevets déposés, un board scientifique indépendant, des collaborations annoncées avec le CEA et le CNRS, et un encadrement signé du Pr Alvarez (CHU de Garches). Conçu et fabriqué en France, le dispositif a eu droit à une parution dans Le Parisien et cumule les prix d’innovation, du concours Made in 92 à la Nuit de l’Événementiel.

Un outil utile, à condition de rester lucide

La prudence reste de mise. Aucun test ne couvre la totalité des substances utilisées dans les agressions, souvent des médicaments sédatifs, et un résultat positif ne vaut pas preuve devant la justice. B-SAFE a le mérite d’élever le standard côté établissements, mais il ne remplace ni la vigilance collective ni les dispositifs de prévention. Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site lueur.fr.

Dans un registre voisin, des chercheurs de la Sungkyunkwan University, en Corée du Sud, ont mis au point un tatouage temporaire qui détecte le GHB en virant du jaune au rouge en une seconde : même combat contre la soumission chimique, mais porté à même la peau plutôt que plongé dans le verre.