L’ONG britannique Playrise, fondée par Alexander Meininger, et le studio d’architecture OMMX dévoilent une aire de jeux en kit, pensée pour être expédiée dans les camps de réfugiés et les zones de catastrophe. Co-designé avec des enfants érythréens, soudanais et palestiniens, le projet veut remettre le droit au jeu au cœur de l’aide humanitaire.

Le premier prototype partira bientôt vers Aysaita, un camp éthiopien qui héberge 10 000 enfants de moins de dix ans et zéro espace de jeu. Un constat dur qui résume bien le point de départ du projet : dans l’urgence, on pense nourriture, médicaments, abris. Rarement à ce qui permet à un enfant de rester un enfant.

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Un kit pensé pour être monté par tout le monde, même les enfants

Conçu par OMMX avec l’ingénierie de Webb Yates et la fabrication de Setworks, le système repose sur deux éléments : une poutre et une planche, percées de trous pour être boulonnées ensemble ou recevoir des cordes, des barres de singe ou des paniers de basket. Sur place, une clé à cliquet et une pelle suffisent à monter une structure qui peut devenir tunnel, théâtre ou toboggan selon les besoins.

Du bois iroko plutôt que du métal qui brûle au soleil

Le choix du matériau vient directement du terrain. « Les playgrounds en métal installés historiquement au milieu du désert brûlaient littéralement les enfants », raconte Hikaru Nissanke, cofondateur d’OMMX. L’iroko, un bois dur africain robuste face aux climats arides, offre aussi de l’ombre, autre denrée rare dans les zones où le projet est déployé.

Faire du jeu un vrai pilier de la réponse humanitaire

Le droit au jeu figure dans la Convention internationale des droits de l’enfant, mais il reste rarement priorisé dans les camps. À Aysaita, Playrise veut documenter ce que change concrètement ce dispositif : usage répété, liens créés, entraide entre enfants. L’idée à terme, c’est de proposer aux ONG un menu de kits, calibrés en plusieurs tailles, faciles à déployer partout.

Dans la même logique de structures pensées pour les camps de réfugiés, le cabinet iranien Hariri & Hariri Architectures imagine de son côté des maisons pliables inspirées de l’origami. Livrées à plat puis assemblées à la grue, ces habitations hexagonales de 46 m² peuvent s’imbriquer entre elles pour héberger plusieurs familles.