L’idée en un clin d’œil
- Pour le Musée de la Grande Guerre de Meaux, BBDO Paris met en lumière les traumatismes psychiques des soldats de 14-18 avec la campagne mémorielle « Les Âmes Cassées ».
- Les portraits d’archives ne sont pas retouchés mais physiquement altérés, enterrés dans la boue, dissous par des gouttes de solvant ou sculptés en tranchée, pour matérialiser les blessures invisibles de la guerre.
- Accompagnée de films documentaires, la campagne relie ces traumatismes historiques aux enjeux contemporains de santé mentale, rappelant que certaines batailles continuent bien après la fin des combats.
La guerre laisse des cicatrices visibles. Mais certaines restent enfouies, longtemps ignorées ou incomprises. Avec la campagne « Les Âmes Cassées », le Musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux met en lumière ces traumatismes psychiques qui ont marqué des milliers de soldats de la Première Guerre mondiale.
Imaginée par BBDO Paris, cette campagne mémorielle entend rappeler que si les combats se sont arrêtés sur le terrain, ils ont souvent continué dans l’esprit des combattants. Une manière de faire résonner cette mémoire avec une réalité toujours actuelle, alors que la santé mentale a été désignée grande cause nationale pour 2026.
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Des portraits qui subissent l’épreuve de la guerre
Pour donner corps à ces blessures invisibles, la campagne repose sur trois visuels réalisés à partir d’archives photographiques de soldats ayant souffert de troubles psychiques. Le parti pris créatif est volontairement radical : les images ne sont pas retouchées numériquement ni générées par intelligence artificielle. Elles sont physiquement altérées, transformées et éprouvées.
Le premier visuel consiste à imprimer 1 916 fois le même portrait de soldat. Les impressions sont ensuite découpées, superposées et sculptées pour former une véritable tranchée. Cette installation visuelle évoque l’idée qu’un soldat peut sortir vivant du front, tout en laissant une partie de lui-même dans la tranchée.

Le deuxième portrait est soumis pendant vingt-quatre heures à un goutte-à-goutte de 823 gouttes de solvant. Ce nombre renvoie à une journée de bombardements durant la bataille de la Somme. Le solvant dissout progressivement l’image, rappelant l’érosion psychologique provoquée par les combats.

Le troisième visuel pousse l’expérience encore plus loin. Le portrait est enterré pendant plusieurs jours dans la boue d’une tranchée de la Somme, durée correspondant au temps moyen passé en première ligne avant la relève. Imprimée sur un papier sensible à son environnement, l’image conserve les marques physiques de cette immersion.

Les trois créations sont accompagnées d’une signature simple et bouleversante : « N’oublions jamais ceux qui n’ont jamais pu oublier. » Le making of de ces 3 créations et à retrouver à la fin de l’article.
Raconter les trajectoires derrière les images
La campagne se prolonge également à travers une série de courts films documentaires diffusés en ligne. Chacun explore un destin de soldat et les conséquences psychiques de la guerre.
L’un des films revient sur l’histoire d’Anthelme Mangin, surnommé « le soldat inconnu vivant », retrouvé amnésique après la guerre. Un autre s’intéresse au cas d’un combattant ayant développé de graves troubles neurologiques à la suite d’un bombardement, illustrant les liens entre traumatismes psychiques et atteintes physiques durables.
Un troisième épisode prend appui sur la figure de l’écrivain allemand Ernst Jünger, auteur d’Orages d’acier. À travers ses écrits, le film interroge la littérature comme possible moyen de survie psychique face à l’expérience de la guerre.
Une campagne pour relier passé et présent
La campagne se conclut par un film consacré à la figure emblématique du « Poilu victorieux », statue présente dans des centaines de communes françaises. La caméra s’attarde sur une sculpture réalisée par Eugène Bénet, tandis qu’une voix de soldat traumatisé vient fissurer l’image héroïque traditionnellement associée à ces monuments.
Déployée en affichage urbain à Marne-la-Vallée, dans les médias et sur les supports numériques du musée, la campagne bénéficie également du soutien de l’Union des Blessés de la Face et de la Tête, les célèbres « Gueules Cassées ».
En établissant un dialogue entre les traumatismes des soldats de 1914 et les blessures psychiques encore vécues par les militaires d’aujourd’hui, « Les Âmes Cassées » rappelle que la mémoire de la guerre ne se limite pas aux champs de bataille. Elle se loge aussi dans les esprits.





