À première vue, LIFELINE ressemble à un tote bag orange destiné aux trajets quotidiens. Mais une fermeture éclair permet de passer la tête à travers le sac, tandis qu’une traction sur ses sangles déclenche un système de gonflage. En une quinzaine de secondes lors des essais, l’accessoire se transforme en gilet de sauvetage.
Présenté à l’occasion de la Climate Week de New York, ce projet conceptuel est né des images d’inondations dans le métro de la ville. L’idée initiale vient de l’artiste et directeur créatif Philip Le Brun. Elle a été développée avec l’artiste, designer et architecte Gabriela Mestriner, entourés notamment de Julia, du cinéaste et monteur Jack Inzer, de la styliste Lucila et du photographe Emmett Orgass. L’objet existe en un seul exemplaire et n’est pas destiné à la vente.
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Un équipement d’urgence caché dans un accessoire banal
Pour fabriquer LIFELINE, Gabriela Mestriner a travaillé exclusivement avec des matériaux réemployés, issus d’un imperméable produit en série et d’un gilet de sauvetage. Les différentes pièces ont été démontées, puis assemblées par thermosoudure afin d’intégrer le mécanisme de gonflage tout en conservant les coutures, les fermetures et certaines proportions des objets d’origine.
Une longue fermeture traverse le rabat et le corps du sac pour former l’ouverture destinée à la tête. Une capuche amovible peut également être rangée à l’intérieur. Une fois déployé, le tote bag quitte ainsi sa fonction de sac pour envelopper le haut du corps comme un équipement de flottaison.
Cette métamorphose place volontairement deux réalités côte à côte : la commodité d’un accessoire urbain et la nécessité d’un dispositif de survie. Le projet ne prétend pas apporter une solution aux inondations. Il interroge plutôt le moment où un objet aussi inquiétant pourrait commencer à paraître normal, voire indispensable.
Quand la mode adopte les codes de l’urgence
La mise en scène reprend l’esthétique soignée des campagnes de mode, avec un sac suffisamment élégant pour sembler désirable. Sa couleur orange, son mécanisme apparent et les photographies réalisées dans le métro introduisent cependant ce que l’équipe appelle le « langage de l’urgence ». Le contraste devient d’autant plus troublant que le gilet reste dissimulé dans un accessoire associé au shopping et à la consommation.
LIFELINE est présenté par ses créateurs comme un « essentiel qui ne devrait pas exister ». En faisant passer un scénario climatique du domaine de l’anticipation à celui de l’objet concret, le projet donne une forme physique à une question dérangeante : jusqu’où nos accessoires quotidiens devront-ils s’adapter à des situations autrefois considérées comme exceptionnelles ? Pour en savoir encore plus, nous vous invitons à visiter leur site internet officiel ou à vous rendre sur leur compte Instagram.
LIFELINE n’est pas le seul projet à détourner un équipement de secours pour matérialiser la crise climatique. Dans un registre plus léger, le designer Tobia Zambotti transforme une bouée promise au rebut en fauteuil recyclé qui alerte sur la montée des océans. Deux objets orange, deux usages renversés, et une même manière de rendre un risque abstrait impossible à ignorer.













