L’idée créative en un clin d’œil

  • Marco est un appareil photo conceptuel imaginé par Corentin Aznar, étudiant à Strate, école de design, qui propose de prendre moins de photos pour redonner du sens à chaque image.
  • Sans écran ni interface intrusive, l’objet impose un cadrage à l’œil nu et limite volontairement le stockage, invitant à ralentir et à faire de chaque prise une décision consciente.
  • Plus qu’un produit, Marco est un manifeste contre la capture compulsive, qui replace le regard, le geste et l’instant présent au cœur de l’expérience photographique.

À l’heure où nos smartphones capturent tout, tout le temps, parfois sans même que l’on regarde vraiment ce que l’on photographie, un étudiant de Strate, école de design propose un contre-pied radical. Son projet s’appelle Marco, et il pose une question simple mais essentielle : et si prendre moins de photos permettait d’en faire de meilleures ?

Imaginé en 2022 par Corentin Aznar, Marco est un appareil photo conceptuel qui cherche à nous reconnecter à l’instant présent, au regard et au geste. Un objet volontairement sobre, presque silencieux, pensé comme un outil plus que comme un gadget, et qui interroge notre rapport compulsif à l’image et au numérique.

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Un appareil photo… presque transparent

La première chose qui frappe avec Marco, c’est son design. L’appareil prend la forme d’un rectangle minimaliste, dont l’intérieur est volontairement transparent. Pas d’écran envahissant, pas d’interface complexe. Ici, l’utilisateur regarde littéralement à travers l’appareil pour cadrer sa photo.

Ce choix radical transforme l’acte photographique. Le cadre devient un repère visuel, presque un passe-partout, qui met en valeur la scène réelle avant même qu’elle ne soit capturée. Marco ne détourne pas l’attention vers l’objet ou la technologie, il la recentre sur ce qui compte : ce qui se passe devant nous.

Revenir à l’œil, au geste et au temps long

Derrière ce design épuré se cache une réflexion plus profonde sur notre consommation d’images. Marco limite volontairement le stockage à 500 photos, avec une résolution basse et une profondeur réduite. Un choix assumé, presque militant, qui vise à redonner de la valeur émotionnelle et artistique à chaque cliché.

Ici, chaque photo devient une décision. On observe, on ajuste, on attend le bon moment. L’appareil impose un rythme plus lent, plus conscient, à l’opposé de la capture automatique et infinie permise par les smartphones. Marco s’adresse à celles et ceux pour qui la photographie est devenue paradoxale : omniprésente, mais parfois dénuée de sens.

Réparer, encadrer, accepter l’éphémère

Le projet s’inscrit aussi dans une réflexion plus large sur la notion de réparation et de traces du temps. Là où notre société cherche souvent à masquer l’usure et les marques, Marco valorise l’idée de prendre soin, de rendre visible l’éphémère plutôt que de le nier.

Photographier avec Marco, c’est accepter que les souvenirs ne soient ni parfaits ni infinis. C’est les encadrer, au sens propre comme au figuré. Une philosophie résumée par la signature du projet : « Marco. Encadrer les moments essentiels. »

Un projet étudiant qui questionne notre rapport aux images

Étudiant franco-espagnol à Strate, école de design, Corentin Aznar développe à travers ses projets une approche sensible du design, à la croisée du numérique et du physique. Marco illustre parfaitement cette démarche, en proposant un objet manifeste, plus conceptuel que commercial, mais terriblement pertinent dans un monde saturé d’images.

Plus qu’un appareil photo, Marco est une invitation à regarder autrement. Et à se souvenir, peut-être, que parfois, voir suffit déjà.

Le projet de Corentin Aznar, que vous pouvez suivre sur son site, son profil LinkedIn ou Instagram fait écho à d’autres démarches qui cherchent à repenser notre rapport à la photographie, comme cet appareil Fujifilm permettant de voyager entre les esthétiques de 1930 à 2020 grâce à une simple molette. À la différence près qu’ici, Marco ne joue pas avec les styles, mais interroge frontalement la place de l’image, sa rareté et la valeur émotionnelle que nous lui accordons.

Article réalisé en collaboration avec Strate, école de design, où les futurs designers explorent des idées sensibles et engagées, à la croisée du design, de l’innovation et des usages.