S’habiller, geste anodin pour la plupart des enfants, peut virer au parcours d’obstacles pour les enfants autistes. Coutures qui grattent, étiquettes irritantes, matières agressives : autant de micro-agressions sensorielles qui font du matin une épreuve, pour l’enfant comme pour ses parents.
C’est ce constat qui a poussé Farah Conn, étudiante en dernière année de Fashion Technology à l’Université Heriot-Watt, à imaginer Little Waves. Une collection de huit pièces inspirée du bord de mer, destinée aux enfants de 3 à 12 ans, où le confort sensoriel devient le point de départ du design plutôt qu’une option ajoutée après coup.
Découvrez
l'agence créative
de Creapills.
Stratégie, création, production : nous accompagnons les marques en quête de créativité. UNIQLO, Hasbro, Paramount, Crédit Agricole et plus de 100 autres nous font confiance.



Le vêtement comme outil de régulation
Plutôt que d’empiler les accessoires, Farah Conn a intégré le soutien sensoriel directement dans la matière. Tissus ultra-doux, coutures plates, coupes amples et ajustables : chaque détail vise à réduire l’inconfort. Une logique de marketing sensoriel appliquée non pas à une marque, mais au quotidien de l’enfant et à son besoin d’autonomie.
Des fidgets cachés et des patchs à composer
L’idée maligne tient dans les détails. Des perles élastiques cousues à l’intérieur des poches font office de fidgets intégrés, pour favoriser la concentration et l’auto-régulation en classe. Des patchs sensoriels interchangeables, ornés de personnages marins, permettent à l’enfant de personnaliser sa tenue tout en s’appuyant sur des repères apaisants.

Quand l’étiquette devient QR code
Autre trouvaille : la collection bannit les étiquettes traditionnelles, sources de gêne récurrentes, au profit de tags adhésifs dotés d’un QR code. Les informations d’entretien et de composition restent accessibles aux parents, sans jamais frotter contre la peau de l’enfant. Le détail résume toute la logique du projet : régler un vrai problème, discrètement.

Un design pensé avec les familles
Little Waves ne sort pas d’une intuition isolée. Farah Conn a mené une recherche approfondie auprès de parents, d’aidants et de professionnels, partie d’observations recueillies dans son travail à temps partiel auprès de familles d’enfants à besoins spécifiques. « La mode technologique, c’est résoudre de vrais problèmes », résume-t-elle. Les silhouettes amples, notamment, répondent directement aux retours des parents.

Un design inclusif que l’industrie commence à prendre au sérieux
Au-delà du confort, le projet vise le bien-être des familles et veut prouver qu’un design inclusif, nourri par la recherche, a toute sa place dans la mode enfantine. Farah Conn espère prolonger Little Waves au-delà de son diplôme, vers une gamme réellement accessible. Présentée parmi les 90 projets du Degree Show de la School of Textiles and Design de Heriot-Watt, à Galashiels, la collection a été développée sous la houlette de Bruce Roberts, responsable mondial Mode et Textiles de l’université.
Le même inconfort vestimentaire peut servir un tout autre dessein. Quand Little Waves cherche à l’effacer pour apaiser les enfants autistes, une marque de lessive joue la carte inverse : Vanish, avec Havas London, a conçu un blazer volontairement inconfortable pour faire ressentir l’autisme à l’école, histoire de faire vivre aux enseignants et aux autres enfants ce que subissent les élèves autistes au quotidien.









