Il y a des scandales que le flux de l’actualité finit par noyer. Le dossier Epstein en fait partie : publié en ligne par le Department of Justice en janvier 2026, il représente 3,5 millions de pages que personne, ou presque, n’a eu la curiosité de consulter. C’est précisément ce paradoxe que l’Institute for Primary Facts a décidé de rendre visible, en ouvrant à Tribeca une salle de lecture éphémère intitulée « The Donald J. Trump and Jeffrey Epstein Memorial Reading Room ».
L’installation, ouverte du 8 au 21 mai dans la Mriya Gallery, rassemble 3 437 volumes reliés contenant l’intégralité des fichiers publiés par le DOJ. 17 000 livres de papier. Un mois d’impression. Le dispositif, gratuit sur réservation, transforme une masse de données abstraites en expérience physique et sensorielle, là où les documents numériques glissent sans laisser de trace.
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Rendre le poids de l’information palpable
L’idée derrière cette activation terrain est simple et redoutablement efficace : matérialiser l’immatériel. Ce que l’on ne peut pas parcourir en ligne, on peut au moins en mesurer l’ampleur en le voyant occuper 5 000 pieds carrés de galerie. Les volumes sont alignés du sol au plafond, consultables uniquement par des journalistes accrédités, des avocats ou des représentants légaux des victimes, le DOJ n’ayant pas correctement anonymisé les noms des survivants dans les fichiers.

Un stunt civique autant qu’une installation
L’Institute for Primary Facts ne se présente pas comme une organisation artistique. Son positionnement est celui du marketing expérientiel au service de la transparence démocratique. Une frise chronologique couvre un mur entier, détaillant les liens entre Trump et Epstein depuis 1987 à partir de faits primaires et sourcés, sans adjectifs, sans commentaire. La sobriété éditoriale fait le travail à la place du discours. L’organisation lève actuellement des fonds pour porter l’exposition dans d’autres villes américaines.
Dans un registre voisin, Cotte D’Armes et March For Our Lives ont choisi le tapis du Met Gala pour matérialiser la violence armée dans une robe pare-balles portée devant les photographes. Même logique : rendre visible ce qu’on préfère ne pas regarder, là où l’attention existe déjà.
Transformer des données publiques en expérience physique pour changer le regard des gens, c’est exactement le genre d’idée qu’on aime explorer à l’agence Creapills. Si vous avez un projet créatif engagé en tête, on serait ravis d’en parler.









